Décoration
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[modifier] Littérature
[modifier] Récit de voyage
[modifier] Guy de Maupassant, La Vie Errante , 1890
Tunis
Un de ces souks a un caractère si bizarre, que le souvenir en reste extravagant et persistant comme celui d’un songe. C’est le souk des parfums.
En d’étroites cases pareilles, si étroites qu’elles font penser aux cellules d’une ruche, alignés d’un bout à l’autre et sur les deux côtés d’une galerie un peu sombre, des hommes au teint transparent, presque tous jeunes, couverts de vêtements clairs, et assis comme des bouddhas, gardent une rigidité saisissante dans un cadre de longs cierges suspendus, formant autour de leur tête et de leurs épaules un dessin mystique et régulier.
Les cierges d’en haut, plus courts, s’arrondissent sur le turban ; d’autres, plus longs viennent aux épaules ; les grands tombent le long des bras. Et, cependant, la forme symétrique de cette étrange décoration varie un peu de boutique en boutique. Les vendeurs, pâles, sans gestes, sans paroles, semblent eux-mêmes des hommes de cire en une chapelle de cire. Autour de leurs genoux, de leurs pieds, à la portée des mains si un acheteur se présente, tous les parfums imaginables sont enfermés en de toutes petites boites, en de toutes petites fioles, en de tout petits sacs.
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La Vie errante, Guy de Maupassant, éd. P. Ollendorff, 1890, Tunis, p. 150
[modifier] Roman
[modifier] Dominique Fernandez, Porporino ou les mystères de Naples, 1974
L'église des Gerolomini possédait aussi son enclos planté d'arbres et de statues, mais celui-ci l'emportait sur tous les cloîtres napolitains par la variété des essences, la taille des eucalyptus, le fouillis des volubilis, la mélancolie des yeuses, un énorme jardin, oui, ombreux, secret, proliférant, exubérant, qui avait l'air abandonné, avec des statues mutilées enfouies sous les torsades du lierre, et des fontaines d'eaux mortes, à jamais silencieuses sous les lotus blancs.
Une décoration de majolique revêtait le petit mur de soutien des colonnes, ainsi que les quelques bancs disposés en quiconce sous le bois d'orangers.
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Porporino ou les mystères de Naples (1974), Dominique Fernandez, éd. Grasset, coll. Les Cahiers Rouges, 1974 (ISBN 978-2-246-01243-6), partie II « Les pauvres de Jésus-Christ », Le secret des perruques grises, p. 263