Croisades

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Les Croisades du Moyen Âge étaient des pèlerinages armés prêchés par le pape, qui ont eu lieu entre le XIe et le XIIIe siècle.

Sommaire

[modifier] Léon Bloy, La Femme pauvre, 1897

[...] la folie des Croisades est ce qui a le plus honoré la raison humaine.

  • La Femme pauvre, Léon Bloy, éd. Mercure de France, coll. Folio, 1980, p. 234


[modifier] Michel Foucault, «Il faut défendre la société», 1976

Les Croisades, comme grand cheminement vers l'au-delà, sont pour Boulainvilliers l'expression, la manifestation de ce qui se passait lorsque cette noblesse a été entièrement tournée vers le monde de l'au-delà, cependant que dans l'en-deçà, c'est-à-dire sur leurs terres mêmes, au moment où ils étaient à Jérusalem, qu'est-ce qui se passait ? Le roi, l'Eglise, l'ancienne aristocratie gauloise manipulaient les lois en latin qui devaient les déposséder de leurs terres et de leurs droits.

  • «Il faut défendre la société», Michel Foucault, éd. Gallimard Le Seuil, coll. Hautes Etudes, 1997 (ISBN 978-2-02-023169-5), Cours du 18 février 1976, p. 137


[modifier] Régine Pernoud, Les Hommes de la Croisade, 1982

L'histoire des croisades a particulièrement retenu l'attention des historiens : rappelons seulement le grand nom de René Grousset et, après lui, ceux d'un Jean Richard ou d'un claude Cahen, qui, utilisant systématiquement les sources arabes à côté des sources occidentales, ont marqué une étape considérable dans la connaissance des royaumes latins d'Orient ; ou encore, à l'étranger, d'un Runciman, d'un Stevenson, et cette admirable synthèse que constitue la grande Histoire des Croisades publiée par l'université de Philadelphie.

  • Les Hommes de la Croisade, Régine Pernoud, éd. Fayard/Tallandier, 1982 (ISBN 2-213-01223-7), p. 7


Les croisades représentent (...) l'un des points culminants de l'histoire du Moyen Age : aventure unique en son genre, ni migration ni colonisation, mené par des volontaires, et des volontaires fournis par tous les peuples de l'Europe, en dehors de toutes ressources régulières et de toute organisation centralisée ; tout cela compose pour nous un spectacle assez surprenant et amène à se poser quelques questions sur les hommes qui y jouèrent un rôle.

  • Les Hommes de la Croisade, Régine Pernoud, éd. Fayard/Tallandier, 1982 (ISBN 2-213-01223-7), p. 7


[modifier] Cécile Morrisson, Les Croisades, 2003

Le mot de « croisade » est rare et tardif : il n'apparaît pas dans le latin médiéval avant le milieu du XIIIe siècle et son correspondant arabe (hurub assalibiyya = la guerre pour la croix) ne date que de 1850. Les croisades sont, en effet, longtemps restées, aux yeux des Orientaux, des guerres comme les autres menées par les Francs.

  • Les croisades, Cécile Morrisson, éd. PUF, coll. Que sais-je?, 2003 (ISBN 2-13-053229-2), p. 3


L'élan collectif provoqué par la prédication de la Ire Croisade surprit même son initiateur, le pape Urbain II, et n'a pas encore cessé de nous étonner.

  • Les croisades, Cécile Morrisson, éd. PUF, coll. Que sais-je?, 2003 (ISBN 2-13-053229-2), p. 7


Aux excès des premiers croisés lors de la prise de Maarat an Numan ou de Jérusalem — un trait classique de tout assaut quels que soient les assaillants — avaient succédé une cohabitation acceptable.

  • Les croisades, Cécile Morrisson, éd. PUF, coll. Que sais-je?, 2003 (ISBN 2-13-053229-2), p. 118


Les croisades ont-elle produit pour autant une grande impression dans le monde musulman ? Celui-ci ignore leurs motifs religieux — il n'existe pas de terme particulier pour désigner les croisés, qui restent des « Francs » — et ces expéditions fort amoindries au demeurant quand elles parvenaient en Syrie, ne semblent pas plus menacer les pays islamiques que les offensives byzantines de la fin du Xe siècle.

  • Les croisades, Cécile Morrisson, éd. PUF, coll. Que sais-je?, 2003 (ISBN 2-13-053229-2), p. 118


[…] l'unité islamique ne peut se comparer à celle de la chrétienté occidentale.

  • Les croisades, Cécile Morrisson, éd. PUF, coll. Que sais-je?, 2003 (ISBN 2-13-053229-2), p. 119


Il serait faux de croire que les croisades ont provoqué des « contre-croisades » : si les vieux thèmes du djihad ainsi que la place de Jérusalem parmi les lieux saints islamiques ont connu un regain d'intérêt au XIIe siècle, la guerre sainte a plus été le moyen de rassembler la Djazira et la Syrie, les Arabes et les Kurdes, la Syrie et l'Égypte et d'éliminer les chiites, que le mobile de cette unification politique et religieuse.

  • Les croisades, Cécile Morrisson, éd. PUF, coll. Que sais-je?, 2003 (ISBN 2-13-053229-2), p. 119


[modifier] Revue Terre et Peuple Nº 17, 2003

Les croisades, les grandes guerres extérieures de la chrétienté, prêchées pour la délivrance de la Terre Sainte, sont en fait la contre-attaque européenne contre la poussée asiatique.


Il importe que, sans tarder, vous vous portiez au secours de vos frères qui habitent les pays d'Orient et qui déjà bien souvent ont réclamé votre aide. En effet, comme la plupart d'entre vous le savent déjà, un peuple venu de Perse, les Turcs, a envahi leur pays. il se sont avancés jusqu'à la mer Méditerranée(...) Ils s'étendent continuellement au détriment des terres des chrétiens, après avoir vaincu ceux-ci à sept reprises en leur faisant la guerre. Beaucoup sont tombés sous leurs coups; beaucoup ont été réduits en esclavage. Ces turcs détruisent les églises; ils saccagent le royaume de Dieu. Si vous demeuriez encore quelques temps sans rien faire, les fidèles de Dieu seraient encore plus largement victimes de cette invasion. Aussi je vous exhorte et je vous supplie - et ce n'est pas moi qui vous exhorte, c'est le Seigneur lui-même -, vous, les hérauts du Christ, à persuasder à tous, à quelque classe qu'ils appartiennent, chevaliers ou piétons, riches ou pauvres, par vos fréquentes prédications, de se rendre à temps au secours des chrétiens et de repousser ce peuple néfaste loin de nos territoires. Je le dis à ceux qui son ici, je le mande à ceux qui sont absents: le Christ l'ordonne.


[modifier] René Girard, Achever Clausewitz, 2007

On peut se demander dans quelle mesure les excès des Croisades, au XIIIe siècle, ne sont pas une réponse mimétique au djihad, dont nous subissons aujourd’hui les conséquences en Europe et au Proche-Orient. Que d’énergie perdue pour conquérir un tombeau vide !


N’avoir d’autre énergie que celle de piller des nations étrangères, c’est ce que les Croisades ont commencé. La Quatrième aura été, de ce point de vue, la plus caricaturale, lâchant une bande d’antiquaires dans cette formidable accumulation de luxe qu’était Constantinople.


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