Craie

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Sommaire

[modifier] Littérature

[modifier] Poésie

[modifier] Annie Le Brun, Le Carreau sans coeur, 1964

Je voudrais tellement être toi sous la barrière de craie dessinée sur le feutre de tes reins
A l'ouverture des portes de verre de ton retour
T'accompagner dans la confusion des cannes croisées
Comme le cliquetis des cailloux blancs dans la bouteille de vin rouge
Comme le petit haricot qui germe sous le troisième doigt de la main en gants blancs
Comme le marc de café que tu lèches sous les écailles des rues malfamées
Je voudrais tellement accrocher les mauvaises pistes dans les paniers que les putains jettent en riant sur les grabataires.

  • « Le Carreau sans coeur », Annie Le Brun, La Brèche, nº 7, Décembre 1964, p. 58


[modifier] Nouvelle

[modifier] André Pieyre de Mandiargues, Le Musée noir, 1924

Le sang de l'agneau

Elle courait au centre de la pièce, allait d'un mur à l'autre avec des mouvements glissés et des crochets de danseuse qui lui donnaient l'air, pour sa blancheur aussi, d'une chauve-souris sortie d'un bol de crème, ou plutôt d'un roitelet voletant sous la flamme irrégulière de l'acétylène, dans le poussier crayeux d'un four à chaux.


[modifier] Prose poétique

[modifier] Robert Desnos, Pénalités de l'enfer, 1922

Dans la chambre de Vitrac il y a un baril de whisky ; dans celle d'Aragon un cornet à piston ; dans celle de Baron un grand nombre de petits souliers. Sur la porte de la chambre de M. et Mme Breton il y a une inscription effrayante à la craie : « Numérotez vos abatis ! » Je pénètre, la tête de Benjamin Péret est dans la glace. Je cours à l'Île déserte, une éruption volcanique l'a détruite et Benjamin Péret sur un petit môle me fait des signes et il lui pousse une barbe immense dans laquelle je m'embarrasse en essuyant mes pieds.

  • « Pénalités de l'enfer », Robert Desnos, Littérature Nouvelle Série, nº 4, Septembre 1922, p. 7


[modifier] Robert Desnos, Deuil pour deuil, 1924

[...] dans la salle de classe un crayon rouge, un crayon vert, un crayon jaune et la craie clair de lune du tableau noir attendront longtemps le retour de la main qui savait les plier aux exigences d'une imagination capricieuse.)


[modifier] André Breton, Poisson soluble, 1924

De peur que les hommes qui la suivent dans la rue se méprennent sur ses sentiments, cette jeune fille usa d'un charmant stratagème. Au lieu de se maquiller comme pour le théâtre (la rampe, n'est-ce pas le sommeil lui-même et ne convient-il pas de sonner les entrées en scène dans la jambe même des femmes ?), elle fit usage de craie, de charbon ardent et d'un diamant vert d'une rareté insigne que son premier amant lui avait laissé en échange de plusieurs tambours de fleurs.


[...] elle mordit avec délices dans les étonnantes stratifications blanches qui restaient à sa disposition, les baguettes de craie, et celles-ci écrivirent le mot amour sur l'ardoise de sa bouche. Elle mangea ainsi un véritable petit château de craie, d'une architecture patiente et folle, après quoi elle jeta sur ses épaules un manteau de petit gris et, s'étant chaussée de deux peaux de souris, elle descendit l'escalier de la liberté, qui conduisait à l'illusion de jamais vu.


[modifier] Octavio Paz, Liberté sur parole, 1958

Travaux du poète

Je suis une arène où je me jette sur des capes illusoires que me présentent des toreros endeuillés. Don Tancredo se dresse au centre de l'arène, immobile, éclair de craie.

  • Liberté sur parole (1958), Octavio Paz (trad. Jean-Clarence Lambert), éd. Gallimard, coll. Poésie, 1966 (ISBN 2-07-031789-7), partie II. AIGLE OU SOLEIL ? (1949-1950), Travaux du poète — VII, p. 52


[modifier] Roman

[modifier] Anne F. Garréta, La décomposition, 1999

Poussière de craie, chiffrant un néant qui cherche à gonfler la bulle, la fine membrane blanche qui l'enclôt, délinéant une part de nuit obscure et contournée sur le fond d'une nuit d'asphalte plus vaste, ligne hâtive silhouettant une absence et que les passants indifférents crèvent, emportent et dispersent à la semelle de leurs souliers.

  • À propos d'une silhouette de craie sur un trottoir, suite à mort violente.
  • La Décomposition, Anne F. Garréta, éd. Grasset (Le Livre de Poche), 1999, p. 50
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