Corridor
Sommaire |
[modifier] Littérature
[modifier] Écrit intime
[modifier] Luc Dietrich, Le Bonheur des tristes, 1945
— Pourquoi dis-tu que ce qui est neuf est laid ?
— Oui, c'est laid, c'est couvert de peinture et en fer-blanc, tandis que ce qui est vieux est toujours comme un livre d'images. Une vieille chaise quand on n'a rien à faire et qu'on la regarde, on y trouve une pomme, une petite fleur dans un coin et plus loin un poisson, un château et les vers ont fait un corridor sous le château. Et la vieille chaise a vu passer les gens, tandis que la neuve elle est partout égale, on s'ennuie à la regarder et elle n'a rien vu, on lui a bouché tous ses yeux avec de la peinture.
-
Le Bonheur des tristes (1935), Luc Dietrich, éd. Denoël, coll. Le Livre de Poche, 1945, chap. 2 Le bonheur des tristes, p. 40
[modifier] Prose poétique
[modifier] André Breton, Poisson soluble, 1924
La fin était venue avec les voitures de laitiers, tintinnabulante dans les corridors de laurier du jour maussade. A la première alerte, je m'étais réfugié dans le cuirassier de pierre, où personne ne pouvait me découvrir.
-
Poisson soluble (1924), André Breton, éd. Gallimard, coll. Poésie, 1996 (ISBN 2-07-032917-8), partie 5, p. 41
[modifier] Roman
[modifier] André Pieyre de Mandiargues, La Marge, 1967
Mêlé à la cohue, Sigismond est entré dans ce qui lui paraît une sorte de corridor à ciel ouvert, le ciel comme un ruban d'obscurité au-dessus de la violente illumination des baies latérales. Épaves est le nom que parfois l'on donne aux bestiaux égarés, il s'est souvenu de cela en voyant dériver les hommes de la bouche d'un bar à celle d'une cafétéria, à celle d'un couloir d'estaminet, à celle d'une impasse, à celle d'un autre bar, et si les hommes vont au Robador avec l'illusion d'être des chasseurs à la recherche de proies, la vérité, se dit-il, est plutôt qu'ils sont eux-mêmes à prendre et que leur démarche flottante les offre sans déni au licou. N'est-ce pas leur meilleur plaisir que de s'exposer ou de se proposer à l'agression féminine ?
-
La Marge, André Pieyre de Mandiargues, éd. Gallimard, coll. Folio, 1967 (ISBN 2-07-037294-4), chap. II, p. 65
[modifier] Stephen King, Terres perdues, 1991
Tout est silence dans les corridors de la mort, murmura Eddie d'une voix blanche. Tout est oubli dans les corridors de pierre de la mort. Voyez l'escalier montant dans les ténèbres ; voyez les chambres de la ruine ; ce sont les corridors de la mort, où les araignées tissent leur toile et où les grands circuits se taisent, l'un après l'autre.
-
Terres perdues, Stephen King (trad. Jean-Daniel Brèque), éd. J'Ai Lu, 1993 (ISBN 2-277-23243-2), p. 109