Cormac McCarthy

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Cormac McCarthy

Cormac McCarthy est un écrivain américain né le 20 juillet 1933 à Providence, Rhode Island (États-Unis). On le compare régulièrement à William Faulkner et, plus rarement, à Herman Melville.

L'Obscurité du dehors, 1968[modifier]

C'est une chose sacrée, une famille. Une obligation sacrée.

  • L'obscurité du dehors, Cormac McCarthy, éd. Actes Sud, 2008, p. 46


Réfléchis longtemps et tu réfléchiras mal.

  • L'obscurité du dehors, Cormac McCarthy, éd. Actes Sud, 2008, p. 118


Les gens durs font les temps durs.

  • L'obscurité du dehors, Cormac McCarthy, éd. Actes Sud, 2008, p. 178


Un homme ne peut jamais savoir quel jour sera son dernier jour dans cette vallée de larmes.

  • L'obscurité du dehors, Cormac McCarthy, éd. Actes Sud, 2008, p. 211


La grâce de Dieu n'est pas une chose facile à porter. Elle aveugle un homme plus facilement qu'on imagine.

  • L'obscurtié du dehors, Cormac McCarthy, éd. Actes Sud, 2008, p. 212


Un enfant de Dieu, 1974[modifier]

Ce fut un hiver affreusement froid. Il pensait qu'avant la fin il ressemblerait à l'un de ces âpres sapins qui poussaient sur la ligne de crête, courbés dans le sens du vent à travers les schistes et les lichens. En gravissant la montagne, dans le crépuscule bleu de l'hiver, parmi les gros rochers et les vestiges d'arbres géants couchés dans la forêt, il s'interrogea devant un tel bouleversement. Désordre des bois, arbres abattus, besoin de nouveaux sentiers. S'il en avait été chargé, Ballard aurait mis un peu d'ordre dans les bois et dans le cœur des hommes.

  • Un enfant de Dieu (1974), Cormac McCarthy (trad. Guillemette Belleteste), éd. Actes Sud, coll. Points, 2008 (ISBN 978-2-7578-1019-4), p. 117


Il réapparut se débattant, crachant, et se mit à battre l'eau pour rejoindre la rangée de saules qui délimitait la berge submergée de la rivière. Il ne savait pas nager, mais comment un type comme lui aurait-il pu se noyer ? La rage semblait lui tenir lieu de bouée. Une pause dans le cours normal des chose sembla se produire en ce lieu. Regardez-le. on aurait pu dire qu'il était porté par ses semblables, des gens comme vous. Qu'il en avait peuplé le rivage et qu'ils l'appelaient. Une race qui nourrit les estropiés et les fous, qui veut leur sang mauvais dans son histoire et qui l'obtient. Mais ils veulent la vie de cet homme. Il les a entendus dans la nuit qui le cherchaient avec des lanternes et des cris d'exécration. Pourquoi parvient-il à surnager ? Ou plutôt, pourquoi ces eaux ne le prennent-elles pas ?

  • Un enfant de Dieu (1974), Cormac McCarthy (trad. Guillemette Belleteste), éd. Actes Sud, coll. Points, 2008 (ISBN 978-2-7578-1019-4), p. 134


Il fit quelques pas hors de l'entonnoir pour voir le jour, tout près à fondre en larmes d'épuisement. Rien ne bougeait dans ce désert mort et fabuleux. Les bois enguirlandés de fleurs de givre, les spires d'herbes surgies de fantasmagories de cristal blanc comme la dentelle de pierre sur le sol d'une grotte. Il n'avait cesser de jurer. Quelle que fût la voix qui parlait, ce n'était pas celle d'un démon mais celle d'une sienne dépouille qui serait revenue de temps à autres au nom de la raison, pour le retenir d'une main douce dans sa rage désastreuse.

  • Un enfant de Dieu (1974), Cormac McCarthy (trad. Guillemette Belleteste), éd. Actes Sud, coll. Points, 2008 (ISBN 978-2-7578-1019-4), p. 136


Il regardait la minuscule progression de toutes ces choses dans la vallée, les champs gris qui noircissaient et se cordaient sous la charrue, la lente occlusion verte que propageaient les arbres. Assis là, sur ses talons, il laissa tomber sa tête entre les genous et se mit à pleurer.

  • Un enfant de Dieu (1974), Cormac McCarthy (trad. Guillemette Belleteste), éd. Actes Sud, coll. Points, 2008 (ISBN 978-2-7578-1019-4), p. 147


Méridien de sang, 1985[modifier]

On a du mal à savoir ce qu'on a dans la tête parce qu'on a que sa tête pour le savoir.

  • Méridien de sang, Cormac McCarthy, éd. Éditions de l'Olivier, 1998, p. 29


On voit ce qu'on a envie de voir.

  • Méridien de sang, Cormac McCarthy, éd. Éditions de l'Olivier, 1998, p. 82


Car chaque feu est tous les autres feux, le premier feu et le dernier qui sera jamais.

  • Méridien de sang, Cormac McCarthy, éd. Éditions de l'Olivier, 1998, p. 307


Car l'existence possède un ordre qui lui est propre, et cela nulle intelligence humaine ne peut l'appréhender, cette intelligence elle-même n'étant qu'un fait parmi d'autres.

  • Méridien de sang, Cormac McCarthy, éd. Éditions de l'Olivier, 1998, p. 308


Avant que l'homme existe la guerre l'attendait. Le metier suprême attendait son suprême praticien.

  • Méridien de sang, Cormac McCarthy, éd. Éditions de l'Olivier, 1998, p. 312


La mémoire des hommes est incertaine et le passé qui a été n'est pas très différent du passé qui n'a pas existé.

  • Méridien de sang, Cormack McCarthy, éd. Éditions de l'Olivier, 1998, p. 411


De si jolis chevaux, 1992[modifier]

On n'est pas maître de ses sentiments.

  • De si jolis chevaux, Cormac McCarthy, éd. Actes sud, 1998, p. 35


On sait jamais quand on aura besoin de ceux qu'on a méprisés.

  • De si jolis chevaux, Cormac McCarthy, éd. Actes Sud, 1998, p. 84


La connerie est jamais arrivée toute seule.

  • De si jolis chevaux, Cormac McCarthy, éd. Actes Sud, 1998, p. 91


Les cicatrices ont l'étrange pouvoir de nous rappeler que notre passé est réel.

  • De si jolis chevaux, Cormac McCarthy, éd. Actes Sud, 1998, p. 154


Dans un monde idéal le bavardage des oisifs seraient sans conséquence.

  • De si jolis chevaux, Cormac McCarthy, éd. Actes Sud, 1998, p. 155


Ce qui est sacré est sacré.

  • De si jolis chevaux, Cormac McCarthy, éd. Actes Sud, 1998, p. 164


Il n'y a pas plus terrible monstre que la raison.

  • De si jolis chevaux, Cormac McCarthy, éd. Actes Sud, 1998, p. 166


On n'a jamais autant de temps qu'on le croit.

  • De si jolis chevaux, Cormac McCarthy, éd. Actes Sud, 1998, p. 218


On n'accepte pas volontiers l'idée d'un sang souillé. L'idée d'une famille maudite.

  • De si jolis chevaux, Cormac McCarthy, éd. Actes Sud, 1998, p. 258


Tant de choses dépendent du hasard.

  • De si jolis chevaux, Cormac McCarthy, éd. Actes Sud, 1998, p. 266


La communion la plus profonde est celle de la douleur.

  • De si jolis chevaux, Cormac McCarthy, éd. Actes sud, 1998, p. 268


Le monde est tout a fait impitoyable quand il faut choisir entre le rêve et la réalité, même si nous ne voulons pas choisir. Entre le désir et la chose il y a le monde qui attend.

  • De si jolis chevaux, Cormac McCarthy, éd. Actes Sud, 1998, p. 269


Si le destin est la loi alors est-ce que le destin est aussi soumis à cette loi ?

  • De si jolis chevaux, Cormac McCarthy, éd. Actes Sud, 1998, p. 271


Le meilleur moment c'est toujours maintenant.

  • De si jolis chevaux, Cormac McCarthy, éd. Actes Sud, 1998, p. 325


Le grand passage, 1994[modifier]

Car si le monde semble être un lieu où résident les hommes c'est dans l'homme en réalité que réside le monde et pour le connaître c'est donc là qu'il faut chercher et apprendre à connaître le cœur des hommes et pour cela il faut vivre avec les hommes sans se contenter de passer parmi eux.

  • Le grand passage, Cormac McCarthy, éd. Éditions du Seuil, 1997, p. 152


Les choses n'ont aucun sens indépendamment de leur histoire.

  • Le grand passage, Cormac McCarthy, éd. Éditions du Seuil, 1997, p. 161


Tout homme sait au fond de lui que quelque chose est averti de son existence.

  • Le grand passage, Cormac McCarthy, éd. Éditions du Seuil, 1997, p. 168


Les actes trouvent leur existence dans le témoin.

  • Le grand passage, Cormac McCarthy, éd. Éditions du Seuil, 1997, p. 175


Ce qui fait de quelqu'un un bon ennemi en fait aussi un ami fidèle.

  • Le grand passage, Cormac McCarthy, éd. Éditions du Seuil, 1997, p. 430


Le monde ne peut pas se perdre. Mais nous, nous le pouvons.

  • La grand passage, Cormac McCarthy, éd. Éditions du Seuil, 1997, p. 432


Car en fin de compte la vérité ne perdure que dans la parole.

  • Le grand passage, Cormac McCarthy, éd. Éditions du Seuil, 1997, p. 458


Des villes dans la plaine, 1998[modifier]

Il faut persévérer. Tout est dans la persévérance.

  • Des villes dans la plaine, Cormac McCarthy, éd. éditions de l'Olivier, 2002, p. 90


Les gens ont dans la tête une certaine idée de ce que le monde va être. De ce qu'ils vont devenir dans ce monde. Le monde peut être toutes sortes de choses différentes pour eux mais il y a un monde qui n'existera jamais et c'est le monde auquel ils rêvent.

  • Des villes dans la plaine, Cormac McCarthy, éd. éditions de l'Olivier, 2002, p. 148


Plus grande est notre haine plus durable est leur souvenir de sorte qu'un ennemi vraiment exécré devient immortel. De sorte que l'homme qui nous a fait beaucoup de mal ou nous a fait subir une grande injustice n'a pas besoin d'invitation pour être toujours présent sous notre toit.

  • Des villes dans la plaine, Cormac McCarthy, éd. éditions de l'Olivier, 2002, p. 212


Car le monde a une conscience, même si les gens le contestent. Et bien que cette conscience puisse être considéré comme l'addition des consciences de chacun, il y a une autre conception, qui est que la conscience peut se diviser et que tout homme en a sa part, aussi petite et imparfaite soit-elle.

  • Des villes dans la plaine, Cormac McCarthy, éd. éditions de l'Olivier, 2002, p. 213


Une forme sans histoire n'a pas le pouvoir de se perpétuer. Ce qui n'a pas de passé ne peut avoir d'avenir.

  • Des villes dans la plaine, Cormac McCarthy, éd. éditions de l'Olivier, 2002, p. 309


Le martyr qui aspire aux flammes n'est pas un bon candidat au bûcher.

  • Des villes dans la plaine, Cormac McCarthy, éd. éditions de l'Olivier, 2002, p. 309


La mort de tout homme est une doublure pour toutes les autres. Et puisque la mort est notre sort commun il n'y a pas moyen d'apaiser la crainte qu'elle inspire si ce n'est d'aimer cet homme qui est là à notre place.

  • Des villes dans la plaine, Cormac McCarthy, éd. éditions de l'Olivier, 2002, p. 317


Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme, 2005[modifier]

Les histoires passent de génération en génération et la vérité on passe par-dessus.

  • Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme, Cormac McCarthy, éd. Éditions de l'Olivier, 2006, p. 119


Quelque part au monde il y a l'homme le plus invicible. De même il y a quelque part le plus vulnérable.

  • Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme, Cormac McCarthy, éd. Éditions de l'Olivier, 2006, p. 134


Donc il ont eu entre leurs mains ce questionnaire sur les problèmes rencontrés par les enseignants dans leur travail. Et ils ont retrouvé les formulaires qui avaient été remplis et renvoyés par des établissements de tout le pays en réponse au questionnaire. Et les plus gros problèmes signalés c'étaient des trucs comme parler en classe et courir dans les couloirs. Mâcher du chewing-gum. Copier en classe. Des trucs du même tabac. Alors les enseignants en question ont pris un formulaire vierge et en ont imprimé un paquet et ont envoyé les formulaires aux mêmes établissements. Quarante ans plus tard. Voici quelque-unes des réponses. Les viols, les incendies volontaires, les meurtres. La drogue. les suicides. Alors ça m'a fait réfléchir. Parce que la plupart du temps, chaque fois que je dis quelque chose sur le monde qui part à vau-l'eau on me regarde avec un sourire en coin et on me dit que je vieillis. Que c'est des symptômes. Mais ce que je pense à ce sujet c'est que quelqu'un qui ne peut pas voir la différence entre violer et assassiner les gens et mâcher du chewing-gum a un problème autrement plus grave que le problème que j'ai moi. C'est pas tellement long non plus quarante ans. Peut-être que les quarante prochaines années sortiront certains de leur anesthésie. Si c'est pas trop tard.

  • Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme, Cormac McCarthy (trad. François Hirch), éd. Éditions de l'Olivier, 2007 (ISBN 2-87929-510-6), p. 181


Chaque jour qui passe joue contre nous. La temps n'est pas de notre côté.

  • Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme., Cormac McCarthy, éd. Éditions de l'Olivier, 2006, p. 205


Il vous arrive les choses qui vous arrivent. Elles ne frappent pas avant d'entrer.

  • Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme, Cormac McCarthy, éd. Éditions de l'Olivier, 2006, p. 210


Chaque chose que tu fais tu la fais pour toujours. Tu ne peux pas l'effacer.

  • Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme, Cormac McCarthy, éd. Éditions de l'Olivier, 2006, p. 216


La perspective de profits démesurés incite les gens à surestimer leurs propres aptitudes.

  • Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme, Cormac McCarthy, éd. Éditions de l'Olivier, 2006, p. 239


Les chose qui ont une destination commune suivent le même chemin.

  • Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme, Cormac McCarthy, éd. Éditions de l'Olivier, 2006, p. 244


C'est un travail de toute une vie de se voir tel qu'on est réellement et même alors on risque de se tromper.

  • Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme, Cormac McCarthy, éd. Éditions de l'Olivier, 2006, p. 281


La Route, 2006[modifier]

On oublie ce qu'on a besoin de se rappeler et on se souvient de ce qu'il faut oublier.


Tu avais promis de ne pas faire ça, dit le petit
De ne pas faire quoi ?
Tu sais bien quoi, Papa.
Il reversa l'eau chaude dans la casserole et prit la tasse du petit et versa un peu de cacao dans la sienne et lui rendit sa tasse.
Il faut que je te surveille tout le temps, dit le petit.
Je sais.
Si tu manques aux petites promesses tu manqueras aux grandes, c'est ce que tu as dit.
Je sais , mais je tiendrai parole.


Au matin ils sortirent du ravin et repartirent sur la route. Il avait taillé pour le petit une flûte dans une tige de jong qu'il avait trouvée au bord de la route et il la sortit de sa veste et la lui tendit. Le petit la prit sans mot dire. Au bout d'un moment il ralentit le pas et resta en arrière et au bout d'un moment l'homme l'entendit qui jouait. Une musique informe pour les temps à venir. Ou peut-être l'ultime musique terrestre tirée des cendres des ruines. L'homme s'était retourné et le regardait. Perdu dans sa concentration. Triste et solitaire enfant-fée annonçant l'arrivée d'un spectacle ambulant dans un bourg ou un village sans savoir que les acteurs ont tous été enlevés par les loups.


Ils étaient plaqués au sol, dressant l'oreille. En es-tu capable ? Le moment venu ? Le moment venu il ne sera plus temps. Le moment c'est maintenant. Maudis Dieu et meurs. Et si le coup ne part pas ? Il faut que le coup parte. Mais s'il ne part pas ? Pourrais-tu écraser avec une pierre ce crâne chéri ? Y a-t-il en toi une pareille créature dont tu ne sais rien ? Est-ce possible ? Tiens-le dans tes bras. Juste comme ça. L'âme est prompte. Presse-le contre toi. Embrasse-le. Vite.


Ce que l'on déforme dans le souvenir a encore une réalité, connue ou pas.


Quand tu n'as rien d'autre, construis des cérémonies à partir de rien et anime-les de ton souffle


Ils furent rattrapés par la nuit. Le temps d'arriver au sentier du promontoire il faisait trop sombre pour voir. Ils étaient debout, le petit s'agrippant à sa main, dans le souffle du vent de mer avec l'herbe qui sifflait tout autour. On n'a qu'à continuer d'avancer, dit l'homme, viens.
Je ne vois rien.
Je sais. Il faut juste faire un pas à la fois.
D'accord.
N'abandonne pas. D'accord.
Quoi qu'il arrive.
Quoi qu'il arrive.


Je veux être avec toi.
Tu ne peux pas.
S'il te plaît.
Tu ne peux pas. Il faut que tu portes le feu.
Je ne sais pas comment faire.
Si, tu sais.
Il existe pour de vrai ? Le feu ?
Oui, pour de vrai.
Où est-il ? je ne sais pas où il est.
Si, tu le sais. Il est au fond de toi. Il y a toujours été. Je le vois.
Emmène-moi avec toi. S'il te plaît.
Je ne peux pas.
S'il te plaît Papa.
Je ne peux pas. Je ne peux pas tenir dans mes bras mon fils mort. Je croyais que je le pouvais mais je ne peux pas.
Tu disais que tu ne m'abandonnerais jamais.
Je sais, je te demande pardon. Tout mon cœur est à toi. Il l'a toujours été. Tu es le meilleur des garçons. Tu l'as toujours été. Si je ne suis plus ici tu pourras encore me parler. Tu pourras encore me parler et je te parlerai. Tu verras.
Et je t'entendrai ?
Oui tu m'entendras.

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