Coquille

Citations « Coquille » sur Wikiquote, le recueil de citations libre
Aller à : Navigation, rechercher

Sommaire

[modifier] Littérature

[modifier] Critique

[modifier] René Crevel, La Période des sommeils, 1932

J’aimerais pouvoir écrire ces souvenirs en lettres phosphorescentes. Si je les écris malgré tout, c’est parce qu’à cet instant, avenue de l’Opéra, le soleil couchant a baigné les visages avec assez de soufre pour les rendre jaunes, d’un jaune insupportable, en même temps que devient bleu, d’un bleu intolérable, le chapeau melon, initialement noir, d’un promeneur un peu bizarre.
Ainsi puis-je me rappeler que Desnos avait les yeux exorbités. Deux huîtres dans leur coquille qui reflétaient, dans leur passivité glauque et rauque, le mouvement de la mer. Au bord, au commencement, de sa mer, il y avait une plage, de sable le jour, de chair la nuit. Sur la lande près de la plage, dans un verger trop fleuri, une fille s’était laissée choir à terre et m’avait demandé de passer l’après-midi entier à lui presser des géraniums entre les seins.

  • « La Période des sommeils », René Crevel, This Quarter vol. 5, nº 1, Septembre 1932, p. 1


[modifier] Prose poétique

[modifier] André Breton, Poisson soluble, 1924

Et si les volants sont grands comme des maisons, comment voulez-vous que nous jouions, que nous entretenions notre vermine, que nous placions nos mains sur les lèvres des coquilles qui parlent sans cesse (ces coquilles, qui les fera taire, enfin ?).


L'ongle était fait d'une lumière si fine que nul oeil pu tout à fait l'endurer ; il laissait derrière lui un sillage de sang en vrille comme une coquille de murex adorable.


[modifier] Robert Desnos, La liberté ou l'amour !, 1927

L’éternité comme une immense coquille d’œuf m’entoure de tous côtés et voici que la liberté, belle lionne, se métamorphose à son gré.


[modifier] Octavio Paz, Liberté sur parole, 1958

Être naturel

A cette heure guerrière, à cette heure de sauve-qui-peut, les amants se penchent au balcon du vertige. Ils s'élèvent doucement, épi de bonheur qui se balance sur un champ calciné. Leur amour est un aimant auquel est suspendu le monde. Il règle les marées, il ouvre les écluses de la musique. Au pied de leur chaleur, la réalité brise sa coquille.

  • Liberté sur parole (1958), Octavio Paz (trad. Jean-Clarence Lambert), éd. Gallimard, coll. Poésie, 1966 (ISBN 2-07-031789-7), partie II. AIGLE OU SOLEIL ? (1949-1950), Aigle ou Soleil ? — Être naturel — II, p. 105


[modifier] Roman

[modifier] Alexandre Dumas, Le Capitaine Pamphile, 1839

Le soir, je rentrai assez tard, comme c'est ma coutume. Aux premiers pas que je fis dans ma chambre, je sentis que quelque chose craquait sous ma botte. Je levai vitement le pied, rejetant tout le poids de mon corps sur l'autre jambe : le même craquement se fit entendre de nouveau ; je cru que je marchais sur des oeufs. Je baissai ma bougie... Mon tapis était couvert d'escargots.
Joseph m'avait ponctuellement obéi : il avait acheté de la salade et des escargots, avait mis le tout dans un panier au milieu de ma chambre ; dix minutes après, soit que la peur d'être croqués les eût saisis d'émoi, toute la caravane s'était mise en route, et elle avait même déjà fait passablement de chemin ; ce qui était facile à juger par les traces argentées qu'ils avaient laissées sur les tapis et sur les meubles.
Quant à Gazelle, elle était restée au fond du panier, contre les parois duquel elle n'avait pu grimper. Mais quelques coquilles vides me prouvèrent que la fuite des Israélites n'avait pas été si rapide, qu'elle n'eût mis la dent sur quelques-uns avant qu'ils eussent le temps de traverser la mer Rouge.

  • Le Capitaine Pamphile (1839), Alexandre Dumas, éd. Gallimard, coll. Folio classique, 2003 (ISBN 978-2-07-042652-2), I. Introduction à l'aide de laquelle le lecteur fera connaissance avec les principaux personnages de cette histoire et l'auteur qui l'a écrite, p. 43
Outils personnels
Espaces de noms

Variantes
Actions
Navigation
Contribuer
Boîte à outils