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Littérature[modifier]

Prose poétique[modifier]

Joyce Mansour, Dolman le maléfique, 1961[modifier]

Un enfant normal serait mort mais Dolman était assez extraordinaire pour grandir dans sa bestialité furtive sans avoir besoin de famille. Son seul contact avec l'extérieur était dû à une chauve-souris qui changeait l'air de temps à autre par obéissance et que l'enfant, enveloppé dans la moiteur des brumes chaotiques, reconnaissait à ses petits cris attachants et à son odeur vieillotte de dame seule.

  • « Dolman le maléfique », Joyce Mansour, La Brèche, nº 1, Octobre 1961, p. 46


Roman[modifier]

Dominique Fernandez, Porporino ou les mystères de Naples, 1974[modifier]

Feliciano, avec un talent musical plutôt moyen, était l'incarnation du chant érotisé. Dans sa voix, je sentais comme le contact d'une main, comme le frôlement d'une bouche — Dieu me pardonne, je sentais comme le don de sa chair, trouble et juteuse émanation de ce qu'il y avait de plus charmant dans son corps. Je finis par me taire, engourdi par cet épanchement liquoreux.

  • Porporino ou les mystères de Naples (1974), Dominique Fernandez, éd. Grasset, coll. Les Cahiers Rouges, 1974 (ISBN 978-2-246-01243-6), partie II « Les pauvres de Jésus-Christ », Gourmandise, p. 171


Virginia Woolf, Les Vagues, 1952[modifier]

Je peux penser à mes Armadas qui voguent sur les hautes vagues. Je suis libérée des durs contacts et des collisions. Je continue de voguer seule sous de blanches falaises. Oh, mais je sombre, je tombe ! Voilà le coin de l'armoire ; voilà le miroir de la nursery.


Psychologie[modifier]

Paul-Claude Racamier, Les Schizophrènes, 1980[modifier]

Les paradoxes des schizophrènes

Si nous venons plus près de la phénoménologie, ce sera pour décrire les expériences psychotiques, au sens d'expériences vécues, consistant dans un vécu d'évanouissement du Je, de syncope ou de lipothymie du sentiment du moi, se traduisant par une impression, non dépourvue d'angoisse, d'étrangeté indicible, de vacillation, de chute ou d'éclipse, et de confusion ou tout au contraire de contact extrême et cru : une ultra-dépersonnalisation momentanée, c'est-à-dire une dépersonnation, au sens où je l'entendais naguère (Racamier, 1963). A l'origine de ces expériences : une modification massive et soudaine du régime général des investissements ; un désinvestissement d'objets, dira-t-on à la suite de Freud ; plus précisément, les investissements retournent momentanément à leur « liquidité » originelle.
Ces expériences psychotiques, je ne puis pas seul à prétendre qu'elles peuvent survenir et qu'elles survienent dans toute existence, et non pas seulement dans celle des psychotiques, mais, normalement, fugitives et ponctuelles, maîtrisées après coup, enkystées comme des corps étrangers, et sitôt oubliées, même lorsqu'elles sont reprises par le moi pour se mettre au service de l'expérience créatrice ; ne faut-il pas en effet perdre une seconde le sens du monde, pour lui en donner un nouveau ? [...] ces expériences psychotiques « normales », maîtrisées, voire exploitées par le moi, sont à distinguer des expériences psychotiques des psychotiques, lesquelles sont plus extensives et moins maîtrisables, et en viennent à corroder le moi, dont elles traduisent aussi la foncière incertitude.

  • Les Schizophrènes (1980), Paul-Claude Racamier, éd. Payot & Rivages, coll. Petite bibliothèque Payot, 2001 (ISBN 978-2-228-89427-2), partie Les paradoxes des schizophrènes, chap. 3. De la folie dans la schizophrénie, Où l'on voit que la folie n'est pas encore psychose, p. 73


Paul-Claude Racamier, Pensée perverse et décervelage, 1992[modifier]

De la pensée perverse au désordre de pensée

Usant des secrets pour délier les liaisons et briser la chaîne des contacts, [la pensée perverse] ne laisse subsister que des fragments épars, qui ne vont pas ensemble et dont on ne peut donc faire un savoir, si ce n’est au prix d’un énorme travail de reconstruction.

  • Pensée perverse et décervelage, 1992, De la pensée perverse au désordre de pensée, dans [1], paru Trait pour trait Mouvement de travail et de recherche autour de la psychanalyse, Paul-Claude Racamier.