Coiffeur
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[modifier] Littérature
[modifier] Écrit intime
[modifier] Anaïs Nin, Henry et June — Les cahiers secrets, 1986
Juin (1932)
Les femmes croient toujours que, lorsqu'elles auront mes chaussures, ma robe, mon coiffeur, mon maquillage, il leur arrivera tout ce qui m'arrive. Elles n'ont aucune idée des talents de sorcière qu'il faut avoir. Elles ne savent pas que je ne suis pas belle, mais seulement que je parais l'être à certains moments.
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Henry et June — Les cahiers secrets (1986), Anaïs Nin (trad. Béatrice Commengé), éd. Stock, 2007 (ISBN 978-2-234-05990-0), Juin (1932), p. 230
[modifier] Prose poétique
[modifier] André Breton, Poisson soluble, 1924
Le paysage de Paris rossignol du monde variait de minute en minute et parmi les cires de ses coiffeurs élançait ses jolis arbres printaniers, pareils à l'inclinaison de l'âme sur l'horizon.
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Poisson soluble (1924), André Breton, éd. Gallimard, coll. Poésie, 1996 (ISBN 2-07-032917-8), partie 18, p. 77
[modifier] Robert Desnos, La liberté ou l'amour !, 1927
Le coiffeur sortit à ce moment et du seuil considéra le promeneur arrêté.
« Voulez-vous être rasé ? Monsieur, je rase doucement. Mes instruments nickelés sont des lutins agiles. Ma femme, la posticheuse aux cheveux couleur de palissandre, est renommée pour la délicatesse de son massage et son adresse à polir les ongles, entrez, entrez, Monsieur. »
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La liberté ou l'amour ! (1927), Robert Desnos, éd. Gallimard, coll. L'Imaginaire, 1962 (ISBN 978-2-07-027695-0), VIII. A perte de vue, p. 93
Le fauteuil et la glace lui offrirent leur familière pénombre. Déjà, la mousse emplissait le plat à barbe. Le coiffeur apprêtait son blaireau. Il était deux heures du matin, la nuit confondait les ombres des bustes de cire. Les parfums de la boutique flottaient lourdement. La mousse sur les bâtons de savon à barbe séchait en craquant. Corsaire Sanglot sentait une présence obscure au-dessus de sa tête. Il rejeta violemment les draps et la mer mourant à ses pieds l’enivra d’air salin.
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La liberté ou l'amour ! (1927), Robert Desnos, éd. Gallimard, coll. L'Imaginaire, 1962 (ISBN 978-2-07-027695-0), VIII. A perte de vue, p. 93