Clarté

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Sommaire

[modifier] Littérature

[modifier] Écrit intime

[modifier] Paul Klee, Journal, 1957

La clarté de mon âme cristalline, parfois, était çà et là trouble de souffle, mes tours, parfois enveloppées de nuées.


[modifier] Manifeste

[modifier] René Crevel, Note en marge du jeu de la vérité, 1934

Voilà déjà l’équateur qui renonce à couper la poire en deux. Par un pont de lianes frénétiques, il relie les deux pôles, le pôle diurne, le pôle nocturne. Les songes ressuscitent en geysers d’entre les pavés où l’aube les avait précipités. Des fleuves de clarté escaladent les hautes terrasses du sommeil et remontent à leurs sources.

  • « Note en marge du jeu de la vérité », René Crevel, Documents 34, nº 20, Avril 1934, p. 22


[modifier] Prose poétique

[modifier] Octavio Paz, Liberté sur parole, 1958

Grand monde

Dans ton alcôve en toiles d'araignée, tu dictes des édits de sel. Tu te sers des clartés, tu manies bien les armes blanches. A l'automne, tu reparais dans les salons.

  • Liberté sur parole (1958), Octavio Paz (trad. Jean-Clarence Lambert), éd. Gallimard, coll. Poésie, 1966 (ISBN 2-07-031789-7), partie II. AIGLE OU SOLEIL ? (1949-1950), Aigle ou Soleil ? — Grand monde, p. 97


[modifier] Roman

[modifier] Renée Dunan, La Culotte en jersey de soi, 1923

Le soleil tombait mollement à l'Occident. Des écharpes de mousseline rose paraient son déclin. A travers les arbres fraîchement velus de folioles il caressait d'un pinceau doré les profils, les poses et les objets. Au nord, il jetait sur un petit château fluet et artificiel dans son architecture d'ironie, tout un prisme de clartés folles. Le charme puéril des murs mélangeant la brique rose et la pierre crémeuse, les toits à poivrière des tours d'angle, la volute de l'escalier médian à la façade, la sveltesse des fenêtres agacées des rideaux versicolores, toute la grâce alambiquée de cette demeure s'en trouvait rehaussée et soulignée.


[modifier] André Breton, L'Amour fou, 1937

Les hommes désespèrent stupidement de l'amour – j'en ai desespéré – ils vivent asservis à cette idée que l'amour est toujours derrière eux, jamais devant eux : les siècles passés, le mensonge de l'oubli à vingt ans. Ils supportent, ils s'aguerrisent à admettre surtout que l'amour ne soit pas pour eux, avec son cortège de clartés, ce regard sur le monde qui est fait de tous les yeux de devins. Ils boitent de souvenirs fallacieux auxquels ils vont jusqu'à prêter l'origine d'une chute immémoriale, pour ne pas se trouver trop coupables. Et pourtant pour chacun la promesse de toute heure à venir contient tout le secret de la vie, en puissance de se révéler un jour occasionnellement dans un autre rêve.

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