Christianisme en Afrique du Nord

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Le christianisme occidental latin est né en Afrique du Nord au sein des multiples villes prospères des provinces de l'Afrique romaine, ou vivait une élite cultivée, formée le plus souvent de Berbères latinisés[1]. Comme les Églises des grandes métropoles orientales, celle de Carthage aura particulièrement illustré les premiers siècles du christianisme. Sans doute même fut-elle la plus marquante des chrétientés d'Occident. C'est d'abord par ses martyrs que cette Église tient une place majeure dans l'histoire du christianisme. C'est grâce aussi à sa tradition conciliaire, facteur de cohésion dans le collège épicospale et entre des communautés implantées des rivages méditerranéens aux marges du Sahara. C'est grâce enfin à ses représentants, les plus éminents de ce temps, Tertullien, Cyprien de Carthage, Augustin d'Hippone. Unanimes les Églises chrétiennes se réclament toujours de ces Africains[2].

André Berthier[modifier]

Les Berbères romanisés avaient été loin dans l'assimilation. Ils avaient adopté la langue, les moeurs, même l'esprit de Rome qui put recruter chez eux des chevaliers, des sénateurs et susciter une élite intellectuelle représentée par Apulée, Fronton, Tertullien, saint Augustin. On ne dira jamais assez combien ces Berbères furent profondément christianisés. Le nombre des églises est un sujet d'étonnement car on en voit toujours plusieurs dans un bourg de moyenne étendue. Ce sont ces Berbères nombreux assimilés et christianisés que vint heurter l'invasion islamique.

  • L'Algérie et son passé (1951), André Berthier, éd. Picard, 1951, p. 25


Gabriel Camps [modifier]

Le christianisme africain fut riche en martyrs et en écrivains : Tertullien, Arnobe, Cyprien. Le plus grand de tous fût Augustin, qui devint l'un des maîtres de la pensée occidentale pour de nombreux siècles. Issu d'une famille de Thagaste (Souk-Ahras), évêque d'Hippone, Père de l'Eglise, saint Augustin atteint une stature universelle qui transcende et sa province et l'Empire et son temps. Il n'est pas indifférent que le plus grand penseur de l'Occident latin, l'auteur de la Cité de Dieu et des Confessions, fût un Berbère chrétien. .

  • Les Berbères : mémoire et identité, Gabriel Camps , éd. Errance, 1987, p. 124


L'évangélisation de l'Afrique fut-elle aussi importante et profonde que le font croire les prestigieuses figures d'Augustin et, avant lui, de Cyprien et de Tertullien ? Le schisme donatiste, qui est présenté souvent comme une manifestation de la résistance africaine, n'était-il pas en raison même de son importance, une preuve de la profondeur et de l'extension des conversions à la nouvelle religion ? Mais le christianisme n'était-il pas cantonné dans les seules villes et finalement confondu avec une nouvelle forme d'assimilation ? On doit s'inscrire en faux contre cette vue restrictive. Les longues listes épiscopales des conciles africains, les basiliques de simples bourgades dont nous ignorons, jusqu'au nom, les épitaphes d'humbles paysans et même de chefs berbères dans des régions apparemment peu romanisées, comme la chaine des Babors [...] sont autant de témoignages d'un évangélisation qui, en certains points, semble même avoir dépassé les limites de la domination impériale. L'évangélisation franchit également les limites chronologiques de la domination romaine, elle se poursuit pendant les époques vandale et byzantine.

  • Les Berbères : mémoire et identité, Gabriel Camps , éd. Errance, 1987, p. 128-129


Jérôme Carcopino[modifier]

Débarassés de Rome, puis de Bysance, la Rome de l'Orient, de sa tutelle, des ses légionnaires et de ses percepteurs, les Berbères ont puisé dans le christianisme, qu'ils conservaient avec ferveur, la force d'en perpétuer les traditions, la langue et jusqu'au nom qu'ils portaient, quand survinrent les envahisseurs musulmans, et qui avaient fait d'eux les "Roumis" [...]. Cette force a brisé l'élan des conquérants, retardé le succès de leur conquête et elle les a contraints, victorieux, à composer avec elle. Leurs premières monnaies furent frappées en latin in nomine Dei misericordis; et ce n'est qu'après l'irruption des hordes hilaliennes, au XIe siècle, que les dernières communautés chrétiennes se sont dissoutes.


Louis Chevalier[modifier]

Ces Berbères ont été puissamment chrétiens jusque dans les campagnes et dans ces lointains villages ou l'on trouve jusqu'à deux ou trois basiliques. Ils utilisent le latin pour leurs inscriptions. Les fondateurs de la première littérature chrétienne ont été Tertullien et ce pur berbère Saint-Augustin. Les premières traductions de la Bible en latin ont été faites en Afrique. Les émigrants berbères d'alors qui ont leur quartier à Rome, contribuent à répandre le christianisme.

  • Le problème démographique nord-africain (1947), Louis Chevalier, éd. Presses universitaires de France, 1947, p. 194


Eugène Daumas[modifier]

Plus on creuse dans ce vieux tronc [kabyle], plus, sous l'écorce musulmane, on trouve de sève chrétienne. On reconnaît alors que le peuple kabyle, en partie autochtone, en partie germain d'origine, autrefois chrétien tout entier, ne s'est pas complètement transfiguré dans sa religion nouvelle. Sous le coup du cimeterre, il a accepté le Koran, mais il ne l'a point embrassé; il s'est revêtu du dogme ainsi que d'un burnous; mais il a gardé, par dessous sa forme sociale antérieure, et ce n'est pas uniquement dans les tatouages de sa figure qu'il étale devant nous, à son insu, le symbole de la Croix.

  • Mœurs et coutumes de l'AlgérieTell, Kabylie, Sahara, Eugène Daumas, éd. Hachette, 1858, p. 254-255


François Decret[modifier]

Les origines et le développement du christianisme en Afrique du Nord s'inscrivent dans une double histoire. C'est d'abord celle de Rome, qui avait pris pied sur ces rivages en 146 avant notre ère, à la fin de la troisième guerre contre sa rivale Carthage ; Rome, la capitale d'un empire dont les diverses mutations politiques, économiques et religieuses avaient leurs répercussions dans les provinces occupées. C'est surtout l'histoire de ces Africains, berbères et numides, établis de la Libye au Maroc actuels, la Djeziret el-Maghreb, étendue sur deux mille kilomètres, baignée par trois rivages et soudée au socle saharien.

  • François Decret, Février 2002, dans Le christianisme en Afrique du Nord : les origines, paru Clio.fr, François Decret.


Étienne Gilson[modifier]

Si l'on doute de l'effet produit sur les intelligences [par l'islamisation], il suffit de comparer ce que fut le peuple berbère et, généralement parlant, les peuples habitant l'Afrique du Nord, avant leur conquête par l'Islam et ce qu'ils sont devenus depuis. Presque tous les Pères latins sont des Africains. Tertullien de Carthage, le Numide Arnobe de Sicca et son élève Lactance, saint Cyprien de Carthage, Victorinus l'Africain, le Berbère saint Augustin, bref toute cette glorieuse tête de colonne de la patristique latine [...], que de dons splendides de l'Afrique à l'Église de Rome pendant que celle-ci n'avait encore à mettre en balance que saint Ambroise et saint Jérôme !

  • Le philosophe et la théologie (1960), Étienne Gilson, éd. Vrin, 2005, p. 175-176


Charles-André Julien[modifier]

Tertullien était le fils d'un centurion de la cohorte proconsulaire. [...] Nous ignorons les conditions de sa conversion [au christianisme]. Elle dut être provoquée, comme tous les acte de sa vie, par sa logique passionnée. Dès qu'il voyait une vérité, il s'y livrait corps et âme, sans ménagement, sans compromission. C'était un extrémiste et un minoritaire. Il n'aimait pas les doctrines triomphantes qui pactisent avec le siècle. Son esprit se complaisait dans l'absolu, son tempérament dans la lutte. Avec cela, pamphlétaire admirable, armé pour la polémique comme pas un et s'y donnant tout entier. Un Berbère converti, mais qui, sous le placage chrétien, gardait toutes les passions, toute l'intransigeance, toute l'indiscipline du Berbère.


Benoît Lacroix[modifier]

Berceau de la latinité chrétienne, patrie de Tertullien, de Minucius Felix, de Cyprien, d'Arnobe, de Lactance, d'Optat de Milève, de Marius Victorinus, et aussi de Tyconius, de Donat, et chez les Païens de Martianus Capella, de Macrobe peut-être; avec une population ou au vieux fond berbère étaient venus se fondre Puniques, Romains et bientôt Germains, l'Afrique romaine est une terre de choix pour qui veut connaître les grandeurs et aussi hélas ! les malheurs d'une époque riche en imprévus de toutes sortes, l'ère des grandes invasions barbares. Au début du Ve siècle encore, à cause de son grand évêque d'Hipponne, terre de schismes et d'hérésies, signes évidents de la vitalité de sa culture, lieu de passage de voyageurs et de réfugiés, l'Afrique reste un haut-lieux de la vie latine.


Claude Lepelley[modifier]

C'est paradoxalement en Afrique du Nord, donc dans un pays aujourd'hui totalement islamisé, qu'est né le christianisme occidental latin. [...] En Afrique du Nord, dès la seconde moitié du IIe siècle, prit son essor dans tous les milieux sociaux la communauté chrétienne occidentale la plus abondante et la plus dynamique, d'emblée de langue latine. C'est là aussi qu'au Ve siècle le christianisme occidental trouva sa personnalité propre, intellectuelle et spirituelle, grâce à la marque indélébile que devaient lui imprimer la pensée et l'œuvre de saint Augustin. [...] Les provinces de l'Afrique romaine comptaient parmi les plus riches de l'immense empire; on y trouvait de multiples villes prospères, ou vivait une élite cultivée, formée le plus souvent de Berbères latinisés comme l'étaient de toute évidence Augustin lui-même et sa famille.

  • « Saint Augustin et le rayonnement de sa pensée », Claude Lepelley (2007), dans Histoire du Christianisme, sous la direction d'Alain Corbin, éd. Seuil, 2007, p. 121-122


Henri-Irénée Marrou [modifier]

Le christianisme africain a été l'agent combien fécond, combien efficace, d'un transfert de culture du sud au nord, d'Afrique en Europe. [...] Je crois que vous devriez, vous Maghrébins [...], vous devriez être assez fiers de cela, d'avoir offert à l'Europe ces maîtres qui l'ont formée [...] qu'ils s'appellent Tertullien, Cyprien, Augustin [...]. De l'Andalousie et de la Campanie jusqu'à l'Angleterre, la chrétienté latine tout entière, l'Europe occidentale tout entière a été de la sorte fécondée, éduquée, cultivée par vos ancêtres selon la chair, sinon l'esprit, vos pères, chers amis maghrébins.

  • Actes du Deuxiem̀e congres international d'étude des cultures de la mediterranée occidentale, Henri Irénée Marrou, éd. Société nationale d'édition et de diffusion, 1978, vol. 2, p. 173-176


Pierre Montagnon[modifier]

Saint-Augustin, le Berbère, en fait foi et en est le magistral témoin : la religion chrétienne s'est imposée en Afrique romaine.


Lucien Oulahbib [modifier]

L’Église d’Afrique, composée de Berbères chrétiens en majorité, a été au fondement du christianisme européen, du christianisme tout court, donc de l’Occident même, et ce à l’époque où Rome elle-même était encore païenne. [...] L’Afrique, judaïsée, latinisée, et christianisée n’a donc pas connu une vie spirituelle et culturelle moindre, bien au contraire, que l'Andalousie [...] le passé authentiquement chrétien de la Berbérie qui précéda le moment Andalou, n’a pas à être enseveli, et, surtout, considéré comme étant extérieur, étranger à l’histoire berbère. Certes Augustin pensait sans aucun doute dans la langue latine, culturellement parlant. Mais est-ce que cela veut dire pour autant qu’il faille considérer cette racine, et, plus encore, le lien chrétien au divin comme extérieur à la chair spirituelle Berbère, ce qui laisserait supposer que seuls le fait d’écrire dans la langue arabe et de penser au sein du lien islamique seraient légitime? Et au nom de quoi faudrait-il rattacher nécessairement et exclusivement l’histoire Berbère à l’histoire Arabe ?

  • Docteur, habilité à diriger des recherches en sciences politiques, Lucien Oulahbib est chargé de cours en sciences politiques à Paris X et à Lyon III.
  • Le monde arabe existe-t-il ?, Lucien Oulahbib , éd. Editions de Paris, 2007, p. 13


Les Berbères doivent donc se tourner résolument vers la culture qui est aussi la leur, celle de l'Europe, puisqu'elle est, pour une part, issue de leur Histoire.

  • Les Berbères et le Christianisme, Lucien Oulahbib , éd. Editions berbères, 2004, p. 56


Ernest Renan[modifier]

A l'époque romaine [...] le monde berbère a introduit quelques éléments essentiels dans le mouvement général de la civilisation, en prenant une part considérable à la formation du christianisme latin. [...] [L'hospitalité kabyle] est admirable et montre tout ce qu'il y a d'excellentes qualités de coeur dans la race berbère. Les pages héroiques et touchantes de l'histoire du christianisme africain s'expliquent par cet esprit d'humanité, de douceur.

  • « La société berbère » (1873), dans Mélanges d'histoire et de voyages (1878), Ernest Renan, éd. Calmann Lévy, 1890, p. 322-337


Vincent Serralda[modifier]

Tes noms sont glorieux au cours de ton histoire,
Syphax. Massinissa qui fut ton plus grand roi,
Mais bientôt va s’écrire un chapitre de gloire :
Le berbère chrétien, le rocher de la foi.
Pour te peindre d’un trait on peut dire qu’en somme,
Pareil à ton soleil, ton rayon est ardent,
C’est un astre nouveau, celui des droits de l’homme.
Qui monte, grâce à toi, dans le ciel d’Occident.

Tertullien, Victor, puis l’Église souffrante,
L’évêque Cyprien, prestigieux martyr,
Enfin saint Augustin, la flamme triomphante,
Le sublime flambeau, splendeur de l’avenir.
Ton sang, noble ciment de l'Eglise africaine
-Ce précieux fleuron de notre chrétienté-
Répandu par amour, en réponse à la haine,
Conserve, sous l’Islam, encore sa pureté.

  • Le Berbère, Lumière de l'occident, Vincent Serralda et André Huard, éd. Nouvelles éditions latines, 1987, p. 7-8


Il faut aussi que le Berbère d'aujourd'hui qui connait ses ancêtres, sache et prenne pleinement conscience que par eux, après avoir emprunté des dieux à l'Egypte, à Carthage et à Rome, il s'avança dans le christianisme naissant, sans y être contraint, il versa généreusement son sang pour demeurer chrétien, et comptera toujours parmi ces mêmes ancêtres les plus purs joyaux de l'Eglise d'Afrique, qui fut l'un des fleurons de l'Occident. [...] Victor 1er, qui pendant dix années occupe le trône de saint Pierre, alors que l'Afrique chrétienne vient à peine d'entrer dans l'histoire, Tertullien, lumière de l'Occident, saint Cyprien, le premier évêque d'Afrique à verser son sang pour l'Eglise de Jésus-Christ, enfin, le plus prestigieux de tous, saint Augustin. Comme si ces quelques noms ne suffisaient pas à faire rayonner la clarté du flambeau berbère, d'autres encore nous sont offerts, deux papes, des évêques, des écrivains, des martyrs et des saints de tous âges et de toutes conditions.

  • Le Berbère, Lumière de l'occident, Vincent Serralda et André Huard, éd. Nouvelles éditions latines, 1987, p. 9


Saint Victor 1er. Un pape berbère ! Il nait en Afrique et occupe, pendant dix années (189-199), sous les empereurs Commode et Septime Sévère, le siège de saint Pierre à Rome. Pour assurer sur sa base la foi catholique, il établit la liste des livres sacrés - car là encore, à cette époque, une certaine fantaisie règne ! Il reconnait quatre Evangiles, ce que saint Irénée établira avec tant de force.

  • Le Berbère, Lumière de l'occident, Vincent Serralda et André Huard, éd. Nouvelles éditions latines, 1987, p. 51


647...La Berbérie, comme elle l'avait été jadis au cours de la période punique, va se trouver rattachée à l'Orient. L'Islam éteint ce flambeau du monde occidental et du christianisme.

  • Le Berbère, Lumière de l'occident, Vincent Serralda et André Huard, éd. Nouvelles éditions latines, 1987, p. 149


En évoquant ses écrivains, nous constatons que pendant un siècle et demi, de 180 à 340, ils sont quasiment les seuls représentants de la pensée occidentale. [...] Leur doctrine en fait le flambeau de la pensée occidentale. [...] Les Berbères ont éclairé l'Occident. Puissent-ils retrouver toute la vigueur de leur flamme et la répandre à nouveau sur le monde, afin qu'elle devienne l'inséparable apanage du titre de Magrébin.

  • Le Berbère, Lumière de l'occident, Vincent Serralda et André Huard, éd. Nouvelles éditions latines, 1987, p. 151


Henri Teissier[modifier]

Les Européens doivent apprendre qu’une partie notable de leurs racines chrétiennes latines se trouvent au sud de la Méditerranée. Et les habitants du Maghreb doivent aussi connaître le rôle qu’ont joué leurs ancêtres dans une tradition culturelle et religieuse qui leur apparaît aujourd’hui comme une réalité totalement étrangère à leur terre. Cette prise de conscience peut avoir aussi son importance pour les jeunes Églises d’Afrique qui regardent leurs sources spirituelles comme uniquement européennes, oubliant non seulement les origines orientales de la Bible et les développements de la patristique orientale, mais aussi le rôle de l’Afrique romaine. Le professeur Claude Lepelley réfléchissant sur notre sujet, n’hésite pas à exprimer sa position sous cette forme paradoxale: «Le christianisme occidental n’est pas né en Europe, mais au sud de la Méditerranée». Cette affirmation qui peut étonner est pourtant largement étayée par l’histoire.


Le christianisme latin a ses sources dans le nord de l'Afrique. [...] L'Eglise latine d'Occident est née au sud de la Méditerranée, entre Carthage, Hippone, Cirta et Julia Caesare (Cherchell).

  • Saint anciens d'Afrique du Nord (1970), Victor Saxer, éd. Tipografia Poliglotta Vaticana, 2006, préface de Henri Teissier (2006), p. 3


Notes[modifier]

  1. Claude Lepelley , Saint-Augustin dans Histoire du Christianisme, Ed.Seuil, 2007, pp.121-122,
  2. François Decret, Le Christianisme en Afrique du Nord, Ed.Seuil, 1996

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