Choc

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Sommaire

[modifier] Littérature

[modifier] Critique

[modifier] Tristan Tzara, Notes sur Guillaume Apollinaire, 1917

Pour ce poète la vie est un jeu tournant et sérieux de farces, de tristesse, de bonhomie, de naïveté, de modernisme tour à tour. Le doigt visse dans tous les chairs jusqu'à l'intérieur qui crie et vibre, où il devient fleur et rit. L'imprévu est l'étoile explosive de partout et la vitesse se marie au conteur tranquille curieux en affirmation naturelle et constante nouveauté. Ce choc enfanta le burlesque. Le passé mis dans une glace reflétante et jetée quelques siècles en avant. Avec la sûreté du cow-boy. La tournure élégante et grotesque. Impulsive capricieuse fine. Au galop au dessus de la vie ; l'homme est ridicule.


[modifier] André Pieyre de Mandiargues, Le Musée noir, 1924

Introduction

Des lieux et certaines heures unissent, affrontent ou fortifient les auréoles (ou zones d'illumination) propres aux diverses matières. Par ces chocs, par ces combinaisons d'auréoles, naît ce que l'on a communément entendu sous le nom d'atmosphère : un climat propice à la transfiguration des phénomènes sensibles.


[modifier] Écrit intime

[modifier] Paul Klee, Journal, 1957

Au commencement la masculine spécialité du choc énergique. Ensuite la charnelle croissance de l'oeuf. Ou encore : le fulgurant éclair, puis la nuée pluvieuse.


[modifier] Manifeste

[modifier] René Crevel, Note en marge du jeu de la vérité, 1934

Au jeu surréaliste de la vérité, alors que, de part et d’autre, le manque de retenue est la règle que nulle ombre d’exception ne saurait venir confirmer, l’interrogé mettra d’autant moins de réticence à répondre que l’interrogateur aura visé, avec une plus minutieuse et lucide cruauté, le point entre tous sensible, parmi l’enchevêtrement des rapports physiques et des faits concrets aptes à surprendre sinon à choquer l’auditoire. Les premières confidences serviront de tenailles pour taillader les fils de fer barbelés de l’inhibition.

  • « Note en marge du jeu de la vérité », René Crevel, Documents 34, nº 20, Avril 1934, p. 21


[modifier] Prose poétique

[modifier] Robert Desnos, Deuil pour deuil, 1924

J'ai livré des combats aux vampires de marbre blanc mais, malgré mes discours astucieux, je fus toujours seul en réalité dans le cabanon capitonné où je m'évertuais à faire naître le feu du choc de ma cervelle dure contre les murs moelleux à souhait de me faire regretter les hanches imaginaires.


[modifier] Roman

[modifier] André Breton, L'Amour fou, 1937

Faute de pouvoir encore répandre le sang, ils répandaient le lait. Entre les floraisons martyres des cactées dont, de conserve avec la cochenille et la chèvre, ils veillaient à ne laisser à bonne distance des routes aucune palette intacte – il n'est rien comme ces plantes exposées à tous les affronts et disposant d'un si terrible pouvoir de cicatrisation pour entretenir la pensée de la misère – s'érige ici le chandelier à cent branches d'une euphorbe à tige aussi grosse que le bras mais trois fois plus longue, qui, sous le choc d'une pierre lancée, saigne abondamment blanc et se macule. Les petits enfants visent de loin cette plante avec délice et il faut convenir que c'est la plus troublante merveille que celle de la sécrétion ainsi provoquée. Rien de plus impossible que de ne pas y associer à la fois l'idée du lait maternel et celle de l'éjaculation. La perle impossible point et roule inexplicablement sur la face tournée vers nous de tel ou tel prisme hexagonal de velours vert. Le sentiment de culpabilité n'est pas loin. Invulnérable dans son essence, la touffe attaquée rejaillit toute neuve à perte de vue du champ de pierrailles. Ce n'est pas elle qui a le plus souffert de la souillure.


[modifier] Psychanalyse

[modifier] Charles Baudouin, L'Oeuvre de Jung et la psychologie complexe, 1963

La théorie de Freud rattache les troubles nerveux à certains chocs, à certains traumatismes, c'est-à-dire à des cicatrices affectives, dont les principales se situeraient dans l'enfance. Cependant, Freud lui-même, pour rendre compte de l'action à retardement de ces chocs (puisque la maladie éclate en général longtemps après, au cours de l'âge adulte), a fait appel à une autre notion, celle de régression. A la suite d'accidents ultérieurs, la « libido », l'énergie affective de l'être, reflue ; refluant, elle rencontre les traces des chocs anciens, qui constituent pour elle des lieux de stagnation privilégiés ; c'est ainsi que ces traces se trouvent ravivées (qu'une peur d'enfance ressuscite en phobie ou en angoisse), et que la névrose éclate.
Au shéma de cette thèse, Jung ne prétend rien changer d'essentiel, mais il place l'accent autrement. Il est clair que l'attention de Freud est retenue avant tout par le traumatisme ; Jung considère la régression, et se demande en outre quel est l' accident dont elle procède. Il observe alors que cet accident est un conflit actuel.

  • L'Oeuvre de Jung et la psychologie complexe (1963), Charles Baudouin, éd. Payot & Rivages, coll. Petite Bibliothèque Payot, 2002 (ISBN 2-228-89570-97), partie II. Discriminations, chap. VII. Les âges de la vie, Débat de l'infantile et de l'actuel, p. 192


[modifier] Psychologie

[modifier] Marie Anaut, La Résilience — Surmonter les traumatismes, 2003

Dans le contexte de la métallurgie, la résilience désigne [...] la qualité des matériaux qui tient à la fois de l'élasticité et de la fragilité et qui manifeste la capacité à retrouver leur état initial à la suite d'un choc ou d'une pression continue.

  • La Résilience — Surmonter les traumatismes, Marie Anaut, éd. Armand Colin, coll. 128, 2008 (ISBN 978-2-200-35348-3), partie 2. A la rencontre de la résilience, chap. 1. Emergence du concept de résilience, 1.2 Origine du concept de résilience, p. 35


La résilience ne se réduit pas à une simple capacité de résistance qui pourrait véhiculer et d'adaptation. Il ne s'agit donc pas de réduire ce phénomène à « l'invulnérabilité » (Anthony et al., 1982) qui correspondrait à une résistance au choc mais également signerait « un état pouvant entraîner la paralysie du sujet : une carapace solide mais impénétrable et débouchant sur la rigidité », ce qui s'éloigne totalement de la souplesse nécessaire à la résilience.

  • La Résilience — Surmonter les traumatismes, Marie Anaut, éd. Armand Colin, coll. 128, 2008 (ISBN 978-2-200-35348-3), partie 2. A la rencontre de la résilience, chap. 1. Emergence du concept de résilience, 1.2 Origine du concept de résilience, p. 35
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