Cheval
Le cheval est un grand mammifère ongulé, largement associé à l'histoire de l'humanité, servant tour à tour d'animal de guerre, de moyen de transport et d'animal de travail.
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[modifier] Art
[modifier] Claudia Salvi, Le grand livre des animaux de Buffon, 2002
La plus noble conquête que l'homme ait jamais faite est celle de ce fier et fougueux animal qui partage avec lui les fatigues de la guerre et l'honneur des combats.
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Le grand livre des animaux de Buffon, Claudia Salvi, éd. Renaissance du Livre, coll. Références, 2002, p. 89
[modifier] Cinéma
[modifier] Akira Kurosawa, Les Sept Samouraïs, 1954
Kikuchiyo : (Il essaie de faire avancer un cheval) Tu oses te dire cheval ? Honte à toi. (Le cheval s'enfuit) Attends... S'il te plaît ! Excuse-moi ! Pardonne-moi !
- Réplique prononcée à 2 heures et 2 minutes environ du début du film.
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Toshirō Mifune, Les Sept Samouraïs (1954), écrit par Akira Kurosawa
[modifier] Jean Gabin, Le Gentleman d'Epsom, 1962
Le cheval est capricieux par nature et quand par surcroît il est toxicomane, le pire est à craindre, mon cher.
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Jean Gabin, Le Gentleman d'Epsom (1962), écrit par Michel Audiard
Citation choisie citation du jour pour le 13 juillet 2011.
Citation choisie citation du jour pour le 20 décembre 2011.
[modifier] Littérature
[modifier] Critique
[modifier] André Pieyre de Mandiargues, Le Musée noir, 1924
Allez en forêt saisir le midi frémissant des clairières ; découvrez le minuit des carrières à l'abandon, des plages retirées où s'enjolivent de lune les menues alluvions déposées par le flot ; explorez les gares, les passages, les souterrains des grandes villes, les maisons closes comme des confitures de velours en pots de miroir, les salles de jeu, les foires à la brocante, les théâtre vieillis ; parcourez les gorges des torrents polies et dures telles que des chevaux cabrés, les grottes, les chemins de planches jetés aux marécages ; tant de choses qu'à moins de les voir en aveugle on doit regarder jusqu'à se brûler ou se crever les yeux, et tous les ricanements des bonshommes, toutes les ordonnances de leurs clergés ou de leurs polices, ne pourront plus rien contre l'innocence farouche d'un univers enfin déchaîné.
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Le Musée noir, André Pieyre de Mandiargues, éd. Gallimard, 1946 (ISBN 2-07-071990-1), Introduction, p. 11
[modifier] Essai
[modifier] Choderlos de Laclos, Traité sur l'éducation des femmes, 1903
Des femmes et de leur éducation
Quelques mauvais plaisants (pourrait-on dire) ont abusé de leur esprit jusqu'au point de hasarder le paradoxe étonnant que l'homme est originairement fait pour vivre en société... autant voudrait-il dire que les boeufs et les chevaux étaient originairement faits pour vivre en troupeaux et en escadrons, et que c'était par un excès de corruption, ou par violation du droit naturel, qu'ils erraient isolés dans les bois.
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Traité sur l'éducation des femmes précédé (1903), Choderlos de Laclos, éd. Pocket, coll. Agora, 2009 (ISBN 978-2-266-18855-5), partie Des femmes et de leur éducation, chap. IX. Examen des raisons apportées contre l'état de nature, p. 74
[modifier] Nouvelle
[modifier] André Pieyre de Mandiargues, Le Musée noir, 1924
Le tombeau d'Aubrey Beardsley
Il ne m'est jamais arrivé, je le regrette, de me trouver dans une campagne verdoyante au moment que s'y abat la nuée de sauterelles qui va la transformer en désert, mais je fais souvent d'étranges rêveries, après avoir lu la description de cela dans les récits des voyageurs, quand il me tombe devant les pieds un de ces petits monstres beiges, repliant sous des ailes neutres les drapeaux de pourpre qui ont soutenu son vol laborieux, quand je pense aussi qu'il y a dans les eaux de certaines rivières de l'Amérique tropicale des myriades de poissons bouchers, menus et brillants comme des dent en liberté, qui dépècent à la minute le cheval qu'on y aventure prudemment avant de tenter le passage.
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Le Musée noir, André Pieyre de Mandiargues, éd. Gallimard, 1946 (ISBN 2-07-071990-1), Le tombeau d'Aubrey Beardsley, p. 222
[modifier] Prose poétique
[modifier] Joseph Delteil, Échec, 1923
J'avais le goût de la typographie, des châtaignes, de la laine. Un peu de bric-à-brac ne me déplaisait pas, pourvu qu'il décelât un goût volumineux et atmosphérique. J'abhorrais la poudre de riz, et j'aimais sans bornes les échecs. Je me souviens. Luce était ma partenaire à ce jeu, et à quelques autres. L'échiquier exsangue, à carreaux verdâtres et pâles, avait la jaunisse verte. Le cheval galopait fièvreusement, comme mon coeur. La reine... c'est à cette époque que je compris qu'une reine était une femme. Mais le corollaire de cette proposition m'échappait encore. Quant à cette bande de pions qui me barraient la route comme les archers aux chevaliers de Crécy...
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« Échec », Joseph Delteil, Littérature Nouvelle Série, nº 10, Octobre 1923, p. 6
Je me disais : si elle gagne, elle ne m'aime pas. Et je songeais à la gardeuse de dindons que j'avais baisée quatre fois au bord de la mare. Dans ma poche, je palpais nerveusement mon petit canif à manche de corne. Luce, un à un, me chipa tous mes pions, et je me sentis nu devant elle. Mais, soudain, je lui pris une tour. Une tour ! Et j'entendis mon coeur s'entr'ouvrir pour laisser entrer cette tour.
Luce était devenue grave. Je songeais : Si l'on faisait coup nul, rien ne serait désespéré. Mais coup sur coup, elle me vola une tour et un cheval ! Échec au Roi ! Elle leva son front déjà glorieux. Elle me regardait, un mince poignard d'or dans chaque oeil. Elle était moite d'orgueil. Je bougeai encore quelques pièces, puis ce fut la fin. La gardeuse de dindons, une rainette, un volubilis passaient en cavalcade devant mes yeux obscurs. Échec et mat ! Je me levai. J'avais mon canif dans la main. Je la frappai en plein visage. Aussitôt, ses joues tombèrent sur le sol. Mais avant de s'évanouir, elle me cria encore une fois :
— Échec et mat !
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« Échec », Joseph Delteil, Littérature Nouvelle Série, nº 10, Octobre 1923, p. 8
[modifier] André Breton, Poisson soluble, 1924
Le vertige les mène, elles ne se retournent guère sur nous mais nous frappons le sol du sabot de notre cheval chaque fois que nous voulons signifier à telle ou telle que nous serions aise de la remonter à la surface. De la foulée s'échappent alors une nuée de poissons volants qui montrent le chemin aux belles imprudentes.
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Poisson soluble (1924), André Breton, éd. Gallimard, coll. Poésie, 1996 (ISBN 2-07-032917-8), partie 7, p. 47
Le réverbère : « Sonia et Michelle feront bien de se méfier du rameau de fièvre qui garde les portes de Paris ; l'évidence est qu'on ne fendra plus le bois de l'amour avant cette nuit. Si bien... si bien que je ne les vois pas blanches par ce printemps nocturne, pour peu que leur cheval prenne peur. Mieux vaudrait pour elles éviter la curiosité des lèvres, si elles succombent à la tentation des ponts jetés sur les regards. (Je vais les tracer.) ».
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Poisson soluble (1924), André Breton, éd. Gallimard, coll. Poésie, 1996 (ISBN 2-07-032917-8), partie 18, p. 77
[modifier] René Crevel, Le Pont de la mort, 1926
Au fond des océans, tous les Africains crédules qui voulurent faire des voyages à bon compte et moururent près des chaufferies, ressuscitent. Sans doute bientôt seront-ils poissons, puisque déjà leurs jambes deviennent transparentes. Ecoutez leurs chansons sans mots, à la lumière des monstres électriques. Les hippocampes appuient sur leur nombril, comme sur le bouton d'une sonnette électrique. Est-ce pour le thé ? Mais non. Des forêts d'eau, ils montent, points d'interrogation à tête de cheval, jusqu'aux yeux des savants européens qui éclatent dans leur peau terrestre.
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« Le Pont de la mort », René Crevel, La Révolution Surréaliste, nº 7, 15 juin 1926, p. 28
[modifier] Roman
[modifier] Gabriele D'Annunzio, Le Feu, 1900
Le fleuve coulait, sombre entre ses berges, sous un ciel de violette et d’argent où montait la pleine lune. Une barque noire descendait le courant, halée au bout d’une corde par deux chevaux gris qui marchaient sur l’herbe de la rive avec de sourdes foulées, conduits par un homme qui s’en allait sifflant, d’un air paisible ; et sur le pont de la barque, un tuyau fumait, comme la tourelle d’une cheminée sur le toit d’une chaumière ; et, dans la cale, une lanterne répandait sa lumière jaune, et l’air du soir s’imprégnait de l’odeur du repas. Et, de-ci, de-là dans la campagne noyée, les statues passaient, passaient.
C’était une lande stygienne, une vision de l’Hadès : un pays d’ombres, de brumes et d’eaux. Toutes les choses s’évaporaient et s’évanouissaient comme des esprits. La lune enchantait et attirait la plaine comme elle enchante et attire la mer ; de l’horizon, elle buvait la grande humidité terrestre, avec une bouche insatiable et silencieuse. Partout brillaient des mares solitaires ; on voyait, dans un lointain indéfini, miroiter de petits canaux entre les files inclinées des saules. D’heure en heure, la terre semblait perdre sa solidité et devenir liquide ; le ciel pouvait y mirer sa mélancolie que reflétaient d’innombrables miroirs immobiles. Et, de-ci, de-là, sur la rive décolorée, pareilles aux Mânes d’un peuple disparu, les statues passaient, passaient.
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Le Feu, Gabriele D'Annunzio, éd. La Revue de Paris, 1900, chap. II. L'empire du silence, p. 740
[modifier] Joseph Jolinon, Guerrillas 1808, 1942
- Tous les chevaux peuvent se ramener.
- Il est trop chatouilleux à l’éperon.
- S’il est raminge c’est de ta faute. Il est sensible, il faut le conduire au chatouillé. Etdes s’il se brouille, c’est que tu le mêles.
- C’est un toquard, concluait le chef.
- Bah ! des âneries, disait Briseganache. Tu ne sais rien obtenir d’une bête de sang. Tu n’as pas d’action de la main, tu roules, tu vacilles, tu la rebutes. Veux-tu que je te dise : il n’a que deux défauts, il rase le tapis en galopant et il s’encapuchonne. Il faut un peu le scier du bridon. Redonne-le moi, je vais l’unir.
- Conversation entre deux hussards englués dans les guerillas de l’Espagne occupée par Napoléon.
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Guerrillas 1808, [(Joseph Jolinon]], éd. Charlot, 1942, p. 90
[modifier] Robert Jordan, Lord of Chaos, 1994
Un cheval lent n'atteint pas toujours la fin du voyage.
- (en) A slow horse does not always reach the end of the journey.
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(en) Lord of Chaos (1994), Robert Jordan (trad. Wikiquote), éd. Orbit, 1995, chap. Prologue, p. 55
[modifier] Théâtre
[modifier] William Shakespeare, Richard III, 1592
Un cheval ! Un cheval ! Mon royaume pour un cheval !
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Théâtre complet, William Shakespeare (trad. Daniel Bournet), éd. L'Âge d'Homme, 1991, chap. Richard III, p. 23
[modifier] Sociologie
[modifier] Philippe Meyer, Portraits acides et autres pensées édifiantes, 1999
Comme vous vous en souvenez sans doute, le regretté Gengis Khan mourut des suites d'une chute de cheval. Il est fâcheux que l'on ignore la date de naissance du cheval. Je me range parmi ceux qui auraient volontiers célébré son anniversaire.
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Portraits acides et autres pensées édifiantes, Philippe Meyer, éd. Le Cherche Midi, coll. Les Pensées, 1999 (ISBN 2-86274-629-0), p. 222
[modifier] Stratégie militaire
[modifier] Comte de Guibert, Stratégiques, 1977
Un bon cavalier ce n'est point un homme exercé à manier son cheval avec grâce et adresse, ce n'est point un écuyer ; c'est un homme robuste, placé à cheval ainsi qu'il doit l'être […] c'est un homme intrépide à cheval qui, moins instruit que brave, n'imagine rien d'impossible pour son cheval et lui.
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« Essai général de tactique » (1772), dans Stratégiques, Comte de Guibert, Jean-Paul Charnay (introduction), éd. de l'Herne, 1977, p. 293