Charles de Gaulle
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Charles de Gaulle (22 novembre 1890 — 9 novembre 1970) était un officier général et homme d'État français, qui fut, depuis son exil à Londres, le chef de la Résistance à l'occupation allemande de la France pendant la Seconde Guerre mondiale (France libre), puis devint président de la République de 1958 à 1969.
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[modifier] Ouvrages
Apprécier les circonstances dans chaque cas particulier, tel est donc le rôle essentiel du chef. Du fait qu'il les connaît, qu'il les mesure, qu'il les exploite, il est vainqueur ; du fait qu'il les ignore, qu'il les juge mal, qu'il les néglige, il est vaincu.
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Le Fil de l'épée, Charles de Gaulle, éd. Union générale d'édition, coll. 10 18, 1962, partie De la Doctrine, chap. 1, p. 111
[modifier] Discours et conférences de presse
Ce qui arrivera quand de Gaulle aura disparu ? Eh bien, je vous dis ceci, qui peut-être vous expliquera dans quelle direction à cet égard nous allons marcher : ce qui à redouter à mon sens, après l’évènement dont je parle, ce n’est pas le vide politique, c’est plutôt le trop-plein.
- Conférence de presse du 15 mai 1962
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L’Après de Gaulle, Jean Mauriac, éd. Fayard, 2006, p. 7
L’établissement d’un État d’Israël, soulevait, à l’époque, un certain nombre d’appréhensions. On pouvait se demander, en effet, et on se demandait même chez beaucoup de Juifs, si l'implantation de cette communauté sur des terres qui avaient été acquises dans des conditions plus ou moins justifiables et au milieu de peuples arabes qui lui étaient foncièrement hostiles, n'allait pas entrainer d'innombrables, d'interminables conflits. Certains même redoutaient que les juifs, jusqu’alors dispersés, mais qui étaient restés ce qu’ils avaient été de tout temps, c’est à dire un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur, n’en viennent, une fois rassemblés dans le site de leur ancienne grandeur, à changer en ambition ardente et conquérante les souhaits très émouvants qu’ils formaient depuis dix-neuf siècles : l'an prochain à Jérusalem
- Conférence de presse du 27 novembre 1967
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Charles de Gaulle, 27 novembre 1967, dans 1967, la guerre des six joursla victoire empoisonnée, paru chez Editions Complexe, 2001, p.82, Pierre Hazan.
[modifier] Lettres, notes et carnets
Notre système militaire a été bâti exclusivement en vue de la défensive. Si l’ennemi attaque demain, je suis convaincu que nous lui tiendrons tête. Mais, s’il n’attaque pas, c’est l’impuissance quasi totale. Or, à mon avis, l’ennemi n’attaquera pas, de longtemps. Son intérêt est de nous laisser cuire dans notre jus… Puis, quand il nous jugera lassés, désorientés, mécontents de notre propre inertie, il prendra en dernier lieu l’offensive contre nous, avec, dans l’ordre moral et dans l’ordre matériel, de tout autres cartes que celles dont il dispose aujourd’hui.
- Lettre à Paul Reynaud, 22 octobre 1939
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Lettres, notes et carnets, Charles de Gaulle, éd. Plon, 1980, t. 2, p. 486
À aucun prix, le peuple français ne doit sombrer dans l’illusion que l’immobilité militaire actuelle serait conforme au caractère de la guerre en cours. C’est le contraire qui est vrai. Le moteur confère aux moyens de destructions modernes une puissance, un rayon d’action tels que que le conflit sera, tôt ou tard, marqué par des mouvements, des surprises, des irruptions, des poursuites dont l’ampleur et la rapidité dépasseront infiniment celles des plus fulgurants événements du passé… Le conflit qui a commencé pourrait bien être le plus étendu, le plus complexe, le plus violent de tous ceux qui ravagèrent la terre. La crise politique, économique, sociale, morale, dont il est issu, revêt une telle profondeur et présente un tel caractère d’ubiquité qu’elle aboutira fatalement à un bouleversement complet de la situation des peuples et de la structure des États. Or, l’obscure harmonie des choses procure à cette évolution un instrument militaire — l’armée des machines — exactement proportionné à ses colossales dimensions. Il est grand temps que la France en tire les conclusions.
- L’Avènement des forces mécaniques, mémorandum remis au début de 1940
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Charles de Gaulle, Éric Roussel, éd. Gallimard, coll. NRF biographies, 2002, chap. III, p. 77-78
[modifier] Entretiens
Eh bien, voyez ! C’est bien ce que je disais : le Parlement démontre qu’il n’est rien. Il fracasse, il pérore, il fait un peu de bruit et de scandale, mais tout cela n’émeut absolument pas l’opinion publique. […] Le Parlement, en réalité, s’est tué lui-même. Il est mort, il n’existe plus. À l’époque où nous sommes, nous ne pouvons plus continuer à croire à ces jeux stériles. D’ailleurs, personne ne s’y trompe, sauf ceux qui font profession d’y croire. Alors, bien sûr, ceux-là s’agitent, écrivent des éditoriaux dans les journaux, font des déclarations à la radio, mais tout cela, c’est de l’agitation qui ne touche pas le pays et il faut bien que vous en soyez convaincu.
- Entretien avec Jacques Foccart, 21 avril 1967
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Journal de l’Élysée, Jacques Foccart, éd. Fayard, 1998, t. I, p. 611-612
Le fait est qu’un jour le Canada français deviendra une grande puissance et que nous y aurons aidé et que la France en tirera un bénéfice. Bien sûr, pas moi. Ce n’est pas pour tout de suite, bien que, du fait de notre attitude, nous ayons considérablement accéléré le processus. C’est une affaire dont l’avenir s’inscrit d’avance, et de manière certaine depuis notre action, et le développement, croyez-moi, sera beaucoup plus rapide qu’on ne le croit. […] Il fallait le faire, c’était évident. Je savais à quoi m’en tenir à partir du moment où j’y allais. Alors on m’a dit : Ottawa… Ottawa, je m’en fous ! C’est au Canada français que je rendais visite, c’était l’essentiel. […] J’aime mieux crever que d’aller au Canada porter un toast à la reine d’Angleterre ! Croyez-moi, j’étais bien soulagé quand ils m’ont offert l’occasion de m’en aller : j’ai sauté dessus avec bonheur. Tout cela va faire des remous, c’est sans importance. Tout cela va donner des motifs d’articles à toute cette presse infâme et avachie, aux pieds et à la botte des Américains, des Israéliens et de tous les autres, mais qui ne soutient pas la France parce qu’ils ont honte de parler de la France ou de défendre la France : tout cela est sans importance.
- Entretien avec Jacques Foccart, 27 juillet 1967
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Journal de l’Élysée, Jacques Foccart, éd. Fayard, 1998, t. I, p. 685
Vous savez, cela suffit comme cela avec vos nègres. Vous me gagnez à la main, alors on ne voit plus qu’eux : il y a des nègres à l’Élysée tous les jours, vous me les faites recevoir, vous me les faites inviter à déjeuner. Je suis entouré de nègres, ici. […] Et puis tout cela n’a aucune espèce d’intérêt ! Foutez-moi la paix avec vos nègres ; je ne veux plus en voir d’ici deux mois, vous entendez ? Plus une audience avant deux mois. Ce n’est pas tellement en raison du temps que cela me prend, bien que ce soit déjà fort ennuyeux, mais cela fait très mauvais effet à l’extérieur : on ne voit que des nègres, tous les jours, à l’Élysée. Et puis je vous assure que c’est sans intérêt.
- Entretien avec Jacques Foccart, 8 novembre 1968
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Journal de l’Élysée, Jacques Foccart, éd. Fayard, 1999, t. II, p. 427
[modifier] Citations sur De Gaulle
Mon père avait au contraire un grand respect pour les Arabes. Il avait aussi beaucoup d'estime pour leur courage au cours de l'histoire. Avec quelle flamme il m'apprenait, enfant, comment ils avaient été des conquérants inégalés, comment ils avaient soumis le Maghreb, la péninsule Ibérique et même une partie de la Gaule méridionale. Je l'entends encore me conter l'histoire de Schéhérazade, d'Aladdin et la lampe merveilleuse, me décrire avec force détails l'épopée de l'empire fameux des Omeyades, du khalife de Bagdad entouré de ses esclaves turcs et berbères...
- A propos des auteurs disant que De Gaulle n'aimaient pas les Arabes.
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De Gaulle, mon père, Philippe de Gaulle, éd. Plon, 2004, t. 2, p. 465-466
Ce qu’il y a de très beau dans la rencontre de de Gaulle et Adenauer à Colombey-les-Deux-Églises, en 1958, c’est qu’ils voient tous deux que l’Europe doit être pardonnée, en quelque sorte, là où elle a péché. Ils se retrouvent après l’explosion inouïe de la Seconde Guerre Mondiale, sur les ruines de deux pays qui s’étaient trop imités, et dont l’imitation exacerbée avait provoqué le pire. Ce moment est exceptionnel.
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Achever Clausewitz, René Girard, éd. Carnets Nord, 2007 (ISBN 978-235536-002-2), p. 293
[modifier] Citations rapportées
Mon seul rival international, c’est Tintin!
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Les Chênes qu’on abat, Malraux, éd. Gallimard, 1971 (ISBN 070278115), p. 120
Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine, et de religion chrétienne. Essayez d'intégrer de l'huile et du vinaigre. Agitez la bouteille. Au bout d'un moment, ils se sépareront de nouveau. Les Arabes sont les Arabes, les Français sont les Français. Vous croyez que le corps français peut absorber dix millions de Musulmans, qui demain seront peut-être vingt millions et après-demain quarante ? Si nous faisons l'intégration, si tous les Arabes et Berbères d'Algérie étaient considérés comme Français, comment les empêcherait-on de venir s'installer en métropole, alors que le niveau de vie y est tellement plus élevé? Mon village ne s'appellerait plus Colombey-les-Deux-Eglises, mais Colombey-les-Deux-Mosquées !
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Le transfert d'une mémoire, Benjamin Stora, éd. la Découverte, 1999 (ISBN 2707129682), p. 35

