Ceinture

Citations « Ceinture » sur Wikiquote, le recueil de citations libre
Aller à : Navigation, rechercher

Sommaire

[modifier] Littérature

[modifier] Correspondance

[modifier] Alfred de Musset, Le Roman de Venise, 1904 (avec George Sand)

Retenez ceci : il n'y a de bon, de vrai, de gai, de triste, d'aimable, de variable, de désirable, de potable, de chantable, de célébrable, d'idolâtrable, que le delta qui existe depuis la ceinture d'une femme jusqu'à ses jarretières. La [...] motte est faite en triangle, il est clair que c'est le symbole de la divinité.

  • Le Roman de Venise (2004), George Sand/Alfred de Musset, éd. Grasset, 1904, Alfred de Musset à Alfred Tattet — Paris, 3 août 1835, p. 470


[modifier] Nouvelle

[modifier] Renée Vivien, La Dame à la Louve, 1904

La Chasteté paradoxale

Je m’approchai d’elle, les sens exaspérés jusqu’au viol. Ma main chercha les seins farouches que soulevait impétueusement un souffle irrité.
Plus prompte qu’un essor d’hirondelle, elle saisit un stylet, merveille de niellure et de pierreries, qui ornait sa ceinture, et me le plongea dans la poitrine… Je tombai… Une douleur suraiguë me trouait le cœur… Je sombrai au fond d’une nuit rouge…. [...]
Je ne franchis plus le seuil de la proxénète, de cette étrange femme, perverse et pure, impudique et inaccessible…

  • La Dame à la Louve, Renée Vivien, éd. Alphonse Lemaire, 1904, La Chasteté paradoxale, p. 109


[modifier] Prose poétique

[modifier] Robert Desnos, Deuil pour deuil, 1924

— C'est après-demain la grande immigration. L'écliptique deviendra une petite spirale violette [...]. La terre aura deux chignons de verdure et une ceinture de chasteté en glace.


[modifier] Robert Desnos, La liberté ou l'amour !, 1927

Les membres du club aiment la mer. L’odeur phosphorée qui s’en dégage les grise et, parmi les débris des grèves, épaves de navires, arêtes de poissons, reliquats de villes submergées, ils retrouvent l’atmosphère de l’amour et ce halètement qui, à la même heure, témoigne à notre oreille de l’existence réelle d’un imaginaire, pêle-mêle avec le crissement particulier du varech qui se dessèche, les émanations de ce magnifique aphrodisiaque l’ambre marine, et le clapotis des vagues blanches contre le sexe et les cuisses des baigneuses au moment précis où, atteignant enfin leur ceinture, elles plaquent le maillot contre la chair.

  • Il est ici question du Club des Buveurs de Sperme.


[modifier] René Char, Fureur et mystère, 1948

Feuillets d'Hypnos

La contre-terreur c'est ce vallon que peu à peu le brouillard comble, c'est le fugace bruissement des feuilles comme un essaim de fusées engourdies, c'est cette pesanteur bien répartie, c'est cette circulation ouatée d'animaux et d'insectes tirant mille traits sur l'écorce tendre de la nuit, c'est cette graine de luzerne sur la fossette d'un visage caressé, c'est cet incendie de la lune qui ne sera jamais un incendie, c'est un lendemain minuscule dont les intentions nous sont inconnues, c'est un buste aux couleurs vives qui s'est plié en souriant, c'est l'ombre, à quelques pas, d'un bref compagnon accroupi qui pense que le cuir de sa ceinture va céder... Qu'importent alors l'heure et le lieu où le diable nous a fixé rendez-vous !

  • Fureur et mystère (1948), René Char, éd. Gallimard, coll. Poésie, 1962 (ISBN 2-07-030065-X), partie FEUILLETS D'HYPNOS (1943-1944), p. 123


[modifier] Roman

[modifier] Marie d'Agoult, Nélida, 1866

— En vérité, vous êtes jolie à ravir, ce soir, disait Hortense Langin à Nélida retirée avec elle dans un boudoir écarté où l'air était moins étouffant que dans la salle de danse. Vous nous éclipsez toutes.
Il est certain que Nélida n'avait jamais été aussi belle. Elle portait une jupe de taffetas bleu glacé de blanc, relevée de côté par un bouquet de jasmin naturel ; une guirlande des mêmes fleurs ceignait son front ; les feuilles délicates de son bouquet, dépassant un peu l'étoffe du corsage, jetaient une ombre légère et mobile sur sa peau d'albâtre ; une longue ceinture flottante indiquait, sans trop les marquer, les purs contours de sa taille virginale. Je ne sais quelle langueur attirante tempérait le sérieux habituel de son visage. Il était impossible d'imaginer rien de plus aérien, de plus chaste, de plus suave ; on eût dit qu'elle était enveloppée d'une gaze diaphane qui la voilait à demi et la protégeait contre de trop avides regards.


[modifier] André Breton, L'Amour fou, 1937

C'est par-dessus les têtes, puis entre elles, une pluie de flèches empoisonnées, si serrées que bientôt à ne plus se voir. L'égoïsme odieux s'emmure en toute hâte dans une tour sans fenêtres. L'attraction est rompue, la beauté même du visage aimé se dérobe, un vent de cendres emporte tout, la poursuite de la vie est compromise. Est-il besoin de dire que ces instants sont comptés, qu'ils sont à la merci d'un signe d'intelligence du coeur – un mouvement involontaire de détente, un geste familier – pour prendre fin sans laisser la moindre trace. Vénus, parce qu'elle a voulu intervenir dans la guerre des hommes, est blessée à la main, c'est-à-dire paralysée momentanément dans son action même. Au-delà elle redevient elle-même et revêt sa ceinture magique.

Outils personnels
Espaces de noms

Variantes
Actions
Navigation
Contribuer
Boîte à outils