But

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Sommaire

[modifier] Littérature

[modifier] Critique

[modifier] Tristan Tzara, Pierre Reverdy : Le Voleur de Talan, 1917

La Renaissance fut l'âge infernal du cynique ; elle fut pour l'art un bordel ; l'anecdote et le charme partagèrent son domaine. L'illusion devint le but, et l'homme voulait surpasser Dieu. Mais les problèmes et la vie mouvementée l'ont fait intéressante et malheureusement, productive.

  • « Pierre Reverdy : Le Voleur de Talan », Tristan Tzara, Dada, nº 2, Décembre 1917, p. 17


[modifier] Écrit intime

[modifier] Anaïs Nin, Henry et June — Les cahiers secrets, 1986

Mai (1932)

Nous marchons un peu ensemble, puis nous nous séparons, tous deux fâchés, presque sans un mot. Je le vois s'éloigner sans but, avec désolation. Je traverse la rue et j'entre au Printemps. Je me dirige vers le rayon des bijoux — colliers, bracelets, boucles d'oreilles, qui me fascinent toujours. Je reste devant, comme une sauvage éblouie. Scintillement. Améthyste. Turquoise. Coquillage rose. Marbre vert d'Irlande. J'aimerais être nue et me couvrir de bijoux en cristal. Bijoux et parfum. Je remarque deux bracelets d'acier, larges et plats. Des menottes. Je suis l'esclave des bracelets. Ils sont vite autour de mes poignets. Je paie. J'achète du rouge à lèvres, de la poudre, du vernis à ongles. Je ne pense pas à Eduardo. Je vais chez le coiffeur où je peux rester assise, gelée. J'écris avec un poignet cerclé d'acier.


[modifier] Manifeste

[modifier] Jean Koppen, Religion ! — Promenade des séminaristes, 1929

[...] insulter les prêtres n'a pas d'autre but, mise à part la satisfaction morale que cela procure sur le moment, que de vous entretenir dans cet état d'esprit qui vous permettra, le jour où vous serez libres, d'abattre par jour, en vous jouant, deux ou trois tonnes de dangereux malfaiteurs.

  • Les surréalistes — Une génération entre le rêve et l'action (1991), Jean-Luc Rispail, éd. Gallimard, coll. Découverte Gallimard Littérature, 2000 (ISBN 2-07-053140-6), chap. Témoignages et documents, Jean KoppenReligion ! — Promenade des séminaristes, in La Révolution surréaliste, n°12, 15 décembre 1929, p. 169


[modifier] Prose poétique

[modifier] Robert Desnos, La liberté ou l'amour !, 1927

Faiseurs d’épitaphes, marbriers, orateurs funèbres, marchands de couronnes, toute votre engeance funéraire est impuissante à briser le vol souverain de ma vie projetée, sans raison et sans but, plus loin que les fins de mondes, les Josaphat’s Kermesses et les biographies.


[modifier] Joyce Mansour, Dolman le maléfique, 1961

[Dolman] sentit son épine dorsale s'étirer sous le choc de l'ossature cataleptique des girafes et, avec stupéfaction et délice, il laissa glisser ses yeux sur la savane, se sentant devenir tour à tour herbe, roseau, terre, vent, terre, terre, TERRE ! Il se maria aux sapins et leurs branchages, bruissements, oiseaux et racines entrèrent en lui sans offrir la moindre résistance. En un clignement de paupières il assimila l'arbre foudroyé. Voici qu'il était arbre... mais ses yeux couraient encore... il connut les femmes lointaines qui se dépêchaient en cliquetant sur les chemins du sommet entre les lamas aux cous lourds de signification phalliques et les hommes qui gémissaient à leurs côtés. Épuisé Dolman trébucha sur une pierre et de ses paumes couvrit ses prunelles frénétiques. Secoué par un éternuement d'exaltation, il éprouva son premier vertige.
Entre temps les villageois, ayant atteint leur but, larguèrent une rapide prière vers la vallée et revinrent sur leurs pas sans trop de hâte. L'honneur était sauf.

  • « Dolman le maléfique », Joyce Mansour, La Brèche, nº 1, Octobre 1961, p. 48


[modifier] Roman

[modifier] Charles Robert Maturin, Melmoth — L'homme errant, 1820

— Cieux immortels ! Qu'est-ce que l'homme ? Un être qui possède l'ignorance, mais non l'instinct de l'animal le plus faible ! Il est comme l'oiseau : lorsque tu poses sur lui ta main, ô toi que je n'ose appeler Père, il frissonne et jette des cris, bien que cette douce pression n'ait d'autre but que de le ramener vers sa cage et, pour fuir la crainte légère qui lui trouble les sens, il se précipite dans le piège tendu à sa vue, où sa captivité est sans espoir !


[modifier] Marie d'Agoult, Nélida, 1866

Un mariage, quelque brillant qu'il fût, me plaçait sous le pire des jougs, celui du caprice d'un individu qui pouvait être noble et intelligent à la vérité, mais qui pouvait aussi être vulgaire et stupide. D'ailleurs, le mariage, c'était le ménage, le gynécée, la vie des salons. C'était le renoncement presque certain à l'expansion de ma force, à ce rayonnement de ma vie sur d'autres vies, dont l'image seule enflammait mon cerveau d'irréfrénables désirs. L'idée de diriger un jour une communauté tout entière et l'éducation de deux cents jeunes filles, toujours renouvelées et recrutées dans les premiers rangs de la société, s'empara de moi comme la seule qui pût me conduire à un but digne d'efforts. Si je pouvais, me disais-je, infiltrer dans ces jeunes coeurs les sentiments dont le mien déborde ; si, au lieu de la morgue et de la vanité dont on les nourrit, je parvenais à les pénétrer des principes d'une égalité vraie ; si j'allumais dans leur âme un pur et enthousiaste amour du peuple, jaurais fait une révolution... Ce mot me donnait le vertige.


Dès que j'eus le pouvoir en main, je songeai à m'ouvrir au père Aimery ; je ne doutais pas de le trouver prêt à me seconder. Nous eûmes ensemble une conférence que je n'oublierai de ma vie. Elle dura six heures d'horloge. Nous commençâmes par établir notre point de départ ; il était le même : concentrer en nos deux personnes la plus grande force d'autorité possible ; obtenir au-dedans une soumission aveugle ; nous entendre pour gagner ou distraire ceux de nos chefs qui pourraient nous faire obstacle ; flatter, séduire la jeunesse qui nous était confiée ; nous insinuer par elle dans l'intérieur des familles. Jusque-là tout allait à merveille ; mais tout à coup il se fit dans l'entretien une immense déchirure. Le terrain sur lequel nous marchions sans plus de précaution, nous croyant déjà d'accord, s'éboula avec fracas ; le père Aimery et moi, nous nous trouvâmes séparés par un abîme. Le but de toute cette influence reconquise, de cette puissance exercée au-dedans et au-dehors, c'était pour lui le rétablissement plein et entier de l'ancienne omnipotence de son ordre au profit de tout ce que je regardais comme d'iniques préjugés. Il me laissa entrevoir de secrètes affiliations avec les chefs de la noblesse, des promesses échangées, des engagements pris pour le retour d'un état de choses qui me faisait horreur...


[modifier] Dominique Fernandez, Porporino et les mystères de Naples, 1974

Elle m'expliqua alors le but de la société secrète.
— Sache que les grandes personnes s'efforcent de nous contraindre, selon que nous sommes filles ou garçons, à des tâches distinctes auxquelles elles décrètent que nous sommes obligatoirement affectés. Nous devons donc chercher à nous défendre. Grâce à la société secrète, nous leur ôtons comme par enchantement le pouvoir de nous soumettre à leur volonté injuste. Toi, le garçon, ta blessure, faite à cet endroit, t'associe à mon destin de fille et mêle comme dans un philtre magique une portion d'éléments féminins aux caractères de ton sexe. Tout est là... Mettre le plus possible de choses communes entre nous, pour empêcher les grandes personnes de nous séparer en deux camps.


— A Paris ou à Londres, me dit-il, tandis que nous nous frayons tant bien que mal un passage à travers la cohue, les gens avancent, vont quelque part. Ils ont un but. A Naples ils se répandent dans la rue uniquement parce qu'ils ont horreur d'être enfermés entre quatre murs. De là vient le malheur de cette ville, qui aurait tout pour être un grand centre d'affaires, une capitale du commerce et de l'industrie, et qui végète, qui s'attarde. C'est trop facile d'accuser les pestes. La peste, nous la portons en nous. Nous ne savons pas grandir. Que veux-tu, on n'apprend même pas aux écoliers à rester assis devant une table. Regarde les palais : eux-mêmes n'ont pas réussi à devenir adultes.


[modifier] Médias

[modifier] Presse

[modifier] Littérature, Enquête — Pourquoi écrivez-vous ?, 1920

J'ai écrit, au début de ma vie, parce que la profession des lettres m'a semblé être la plus libérale et la plus indépendante du monde.
J'ai continué, sans cesser, le dur et cher métier parce que l'indépendance est un objet de perpétuel combat. J'ai continué parce que la bonté des lecteurs donne courage et force.
Puis... dans l'écriture « le travail est un but non un moyen ».

  • Jean de Bonnefon donne suite à une enquête concernant son statut d'écrivain menée par le mensuel surréaliste Littérature, ce sur plusieurs numéros.
  • « Notre enquête — Pourquoi écrivez-vous ? », Jean de Bonnefon, Littérature, nº 11, Décembre 1920, p. 22


[modifier] Philosophie

[modifier] Gaston Bachelard, L'Eau et les rêves, 1942

La marche contre le vent, la marche dans la montagne est sans doute l'exercice qui aide le mieux à vaincre le complexe d'infériorité. Réciproquement, cette marche qui ne désire pas de but, cette marche pure comme une poésie pure, donne de constantes et d'immédiates impressions de volonté de puissance.

  • L'eau et les rêves — Essai sur l'imagination de la matière (1942), Gaston Bachelard, éd. Le Livre de Poche, coll. Biblio Essais, 1993 (ISBN 978-2-253-06100-7), partie II, chap. VIII L'eau violente, p. 184


[modifier] Psychologie

[modifier] Paul-Claude Racamier, Les Schizophrènes, 1980

Schizogrammes

fusée Combien de fusées mises à feu pour qu'une parvienne au but, et combien de processus paranoïdes enclenchés pour que l'un d'eux arrive à la schizophrénie.


[modifier] Gérard Pirlot/Jean-Louis Pedinielli, Les Perversions sexuelles et narcissiques, 2005

Histoire des perversions

La conception de la névrose comme négatif de la perversion est liée à l'hypothèse de composantes excessives subissant le refoulement, détournées de leur but, et dirigées « sur d'autres voies jusqu'au moment où elles s'extériorisent sous la forme de symptômes morbides » dans la névrose. Sa formule ne signifie pourtant pas que la perversion soit le positif de la névrose : le névrosé refoule ce que le pervers met en acte. Elle révélerait donc une sexualité « déculturée » puisque non marquée par le refoulement, non « névrotisée » par l'éducation et la culture. L'acte pervers est ainsi un « acte partiel » par où l'objet est rabaissé au rang « d'objet partiel » sur lequel s'exerce une « pulsion d'emprise », non sexuelle, archaïque, proche du besoin d'étayage et qui ne s'unit que secondairement à la sexualité.

  • Les Perversions sexuelles et narcissiques, Gérard Pirlot/Jean-Louis Pedinielli, éd. Armand Colin, coll. 128 Psychologie, 2005 (ISBN 2-200-34042-7), partie I. Histoire des perversions, chap. 4. La rupture freudienne, 4.1 Le point de vue psychogénétique, p. 14


[modifier] Cédric Roos, La relation d'emprise dans le soin, 2006

La relation d'emprise (cadre psychanalytique)

[...] il existe une différence fondamentale entre le pervers narcissique et le psychopathe : la violence psychopathique est impulsive, liée à une irritabilité et une agressivité permanentes ; elle peut éclater n’importe où, n’importe quand, en dépit des lois, et sans aucune limite. Le pervers narcissique dispose lui d’un meilleur contrôle émotionnel que le psychopathe ; plus manipulateur, il exerce sa violence insidieusement, ce qui lui permet de préserver son image dans la société, et souvent même d’occuper des postes de pouvoir. Sa violence est instrumentale, dirigée vers un but précis, au mépris de l’ordre et des lois.

  • La relation d'emprise dans le soin, 2006, La relation d'emprise (cadre psychanalytique) : Du point de vue de l'instigateur d'une relation d'emprise Le pervers narcissique : conformer l'autre en un identique, dans [1], paru Textes Psy, Cédric Roos.
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