Blonde
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[modifier] Littérature
[modifier] Écrit intime
[modifier] Anaïs Nin, Henry et June — Les cahiers secrets, 1986
Décembre (1931)
En montant au premier étage pour déposer son manteau, elle s'est arrêtée une seconde à mi-chemin, à l'endroit où la lumière faisait ressortir sa beauté contre le mur turquoise. Chevelure blonde, visage blême, sourcils pointus de démon, sourire cruel avec une fossette désarmante. Perfide, infiniment désirable, m'attirant à elle comme si elle m'attirait vers la mort.
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Henry et June — Les cahiers secrets (1986), Anaïs Nin, éd. Béatrice Commengé, 2007 (ISBN 978-2-234-05990-0), Décembre (1931), p. 28
[modifier] Prose poétique
[modifier] Robert Desnos, Deuil pour deuil, 1924
Sur la table, un verre et une bouteille sont disposés en souvenir d'une vierge blonde qui connut dans la pièce et pour la première fois l'inquiétante blessure menstruelle et qui, élevant le bras droit vers le plafond et tendant la gauche vers la fenêtre faisait, à volonté, voltiger des triangles de pigeons voyageurs.
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La liberté ou l'amour ! suivi de Deuil pour deuil (1924), Robert Desnos, éd. Gallimard, 1962 (ISBN 978-2-07-027695-0), p. 133
[...] la vierge blonde trempe ses cheveux dans mon café ; il est midi, le vin devient colombe dans le litre légal déposé sur la table à côté d'un verre à côtes.
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La liberté ou l'amour ! suivi de Deuil pour deuil (1924), Robert Desnos, éd. Gallimard, 1962 (ISBN 978-2-07-027695-0), p. 133
La vierge blonde se penche sur le premier mort, c'est Roméo, le second c'est Juliette. Elle arrête alors sa mélancolique promenade et regarde sans dire un mot chacun des boutons d'uniformes. Les uns sont maculés de sang, les autres de terre glaise. (Terre glaise jamais sculpteur ne te fera prendre la forme adorable d'un coeur.)
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La liberté ou l'amour ! suivi de Deuil pour deuil (1924), Robert Desnos, éd. Gallimard, 1962 (ISBN 978-2-07-027695-0), p. 140
[modifier] Roman
[modifier] Alexandre Dumas, Le Bagnard de l'Opéra, 1868
Puis il y avait les jours de tempête, les jours où le ciel si pur se voilait de nuages sombres, où cette Méditerranée si azurée devenait couleur de cendre, où cette brise si douce se changeait en ouragan.
Alors le vaste miroir du ciel se ridait, cette surface si calme commençait à bouillir comme au feu de quelque fournaise souterraine. La houle se faisait vague, les vagues se faisaient montagnes. La blonde et douce Amphitrite comme un géant révolté, semblait vouloir escalader le ciel, se tordant les bras dans les nuages, et hurlant de cette voix puissante qu'on n'oublie pas une fois qu'on l'a entendue.
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Le Bagnard de l'Opéra (1868), Alexandre Dumas, éd. Magnard, coll. Classiques & Contemporains, 2001 (ISBN 978-2-210-75424-9), 1. Le forçat, p. 11
[modifier] Gabriele D'Annunzio, Le Feu, 1900
Une clameur nouvelle, plus forte et plus longue, s’éleva d’entre les deux tutélaires colonnes de granit, pendant que la barque royale abordait à la Piazzetta noire de peuple. Quand le bruit cessait, la foule épaisse avait des remous ; et les galeries du Palais des Doges s’emplissaient d’une rumeur confuse, pareille au bourdonnement illusoire qui anime les volutes des conques marines. Puis, tout à coup, la clameur rejaillissait dans l’air limpide, montait se briser contre la légère forêt marmoréenne, franchissait les têtes des hautes statues, atteignait les pinacles et les croix, se dispersait dans le lointain crépusculaire. Puis, c’était une autre pause pendant laquelle, imperturbable, dominant l’agitation inférieure, continuait l’harmonie multiple des architectures sacrées et profanes où couraient comme une agile mélodie les modulations ioniques de la Bibliothèque et s’élançait comme un cri mystique la cime de la tour nue. Et cette musique silencieuse des lignes immobiles était si puissante qu’elle créait le fantôme presque visible d’une vie plus belle et plus riche, superposé au spectacle de la multitude inquiète. Celle-ci sentait la divinité de l’heure ; et, lorsqu’elle acclamait cette forme nouvelle de la royauté abordant au rivage antique, cette fraîche Reine blonde qu’illuminait un inextinguible sourire, peut-être exhalait-elle son obscure aspiration à dépasser l’étroitesse de la vie vulgaire et à recueillir les dons de l’éternelle Poésie épars sur les pierres et sur les eaux.
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Le Feu, Gabriele D'Annunzio, éd. La Revue de Paris, 1900, chap. I. L'épiphanie du feu, p. 3
[modifier] André Breton, L'Amour fou, 1937
Tandis que, comme en rêve, on étale toujours devant nous d'autres parterres, vous vous penchez longuement sur ces fleurs enveloppées d'ombre comme si c'était moins pour les respirer que pour leur ravir leur secret et un tel geste, à lui seul, est la plus émouvante réponse que vous puissiez faire à cette question que je ne vous pose pas. Cette profusion de richesses à nos pieds ne peut manquer de s'interpréter comme un luxe d'avances que me fait à travers elle, plus encore nécessairement à travers vous, la vie. Et d'ailleurs, vous si blonde, physiquement si attirante au crépuscule du matin, c'est trop peu dire qu'ajouter que vous ne faites qu'un avec cet épanouissement même.
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L'Amour fou, André Breton, éd. Gallimard, 1976 (ISBN 978-2070367238), p. 74 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
[modifier] Boris Vian, L'écume des jours, 1947
Chloé avait passé ses bas, fins comme une fumée d'encens, de la couleur de sa peau blonde et ses souliers hauts de cuir blanc. Pour tout le reste, elle était nue, sauf un lourd bracelet d'or bleu qui faisait paraître encore plus fragile son poignet délicat.
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L'écume des jours (1947), Boris Vian, éd. Pauvert, 1963 (ISBN 2-7202-1311-02), XIX., p. 66