Barrière

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[modifier] Littérature

[modifier] Poésie

[modifier] Annie Le Brun, Le Carreau sans coeur, 1964

Je voudrais tellement être toi sous la barrière de craie dessinée sur le feutre de tes reins
A l'ouverture des portes de verre de ton retour
T'accompagner dans la confusion des cannes croisées
Comme le cliquetis des cailloux blancs dans la bouteille de vin rouge
Comme le petit haricot qui germe sous le troisième doigt de la main en gants blancs
Comme le marc de café que tu lèches sous les écailles des rues malfamées
Je voudrais tellement accrocher les mauvaises pistes dans les paniers que les putains jettent en riant sur les grabataires.

  • « Le Carreau sans coeur », Annie Le Brun, La Brèche, nº 7, Décembre 1964, p. 58


[modifier] Prose poétique

[modifier] Paul Eluard , Capitale de la douleur, 1926

L'absolue nécessité

Le fleuve se détend, passe avec adresse dans le soleil, regarde la nuit, la trouve belle et à son goût, passe son bras sous le sien et redouble de brutalité, la douceur étant la conjonction d'un oeil fermé avec un oeil ouvert ou du dédain avec l'enthousiasme, du refus avec la confiance et de la haine avec l'amour, voyez quand même la barrière de cristal que l'homme a fermée devant l'homme.

  • Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie (1926), Paul Eluard, éd. Gallimard, coll. Poésie, 1966 (ISBN 978-2-07-030095-2), partie Nouveaux poèmes, L'absolue nécessité, p. 120


[modifier] Roman

[modifier] André Breton, L'Amour fou, 1937

La vie, dans la constance de son processus de formation et de destruction, ne me semble pour l'oeil humain pouvoir être concrètement mieux enclose qu'entre les haies de mésanges bleues de l'aragonite et le pont de trésors de la « grande barrière » australienne.


C'est tout au fond du jour ou de la nuit, n'importe, quelque chose comme l'immense vestibule de l'amour physique tel qu'on souhaiterait le faire sans s'y reprendre jamais. Les rideaux tirés, les barreaux tordus, les yeux caressants de félins ponctuant seuls d'éclairs le ciel. Le délire de la présence absolue. Comment ne pas se surprendre à vouloir aimer ainsi, au sein de la nature réconciliée ? Elles sont pourtant là les interdictions, les sonneries d'alarme, elles sont toutes prêtes à entrer en branle, les cloches de neige du datura au cas où nous nous aviserions de mettre cette barrière infranchissable entre les autres et nous.


[modifier] Psychologie

[modifier] Mary Esther Harding, Les Mystères de la femme, 1953

Quand des instincts, des images et des impulsions chaotiques se précipitent en masse de l'inconscient, ils brisent toute barrière élevée par l'individu ou par l'humanité. Une seule chose peut lui résister : si paradoxal que cela puisse paraître, c'est la puissance de l'individualité. Le mot individualité est utilisé ici au sens que Jung lui a donné. Il désigne les parties inconscientes aussi bien que les parties conscientes de la psyché et n'est pas synonyme de l'ego qui n'est que le centre de la conscience.

  • Les Mystères de la femme (1953), Mary Esther Harding (trad. Eveline Mahyère), éd. Payot & Rivages, coll. Petite Bibliothèque Payot, 2001 (ISBN 2-228-89431-1), chap. XIV. Renaissance et immortalité, p. 314
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