Autrui

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Sommaire

[modifier] Psychanalyse

[modifier] Alberto Eiguer, Psychanalyse du libertin, 2010

Libertinage, le plaisir et la joie

Un mondain est quelqu'un qui entr'aperçoit la valeur d'autrui et qui se dit avoir un jour besoin de lui. Participer d'une vie mondaine, aussi superficielle soit elle, implique une quête de sécurité. C'est pour cela que j'appelle cette configuration enveloppe mondaine, à la fois une aisance sociale et une reconnaissance implicite de la valeur du monde. Cette capacité est rare chez les pervers confirmés. D'ordinaire, ces derniers, solitaires et misanthropes, ne parviennent pas à se lier à autrui.

  • Psychanalyse du libertin, Alberto Eiguer, éd. Dunot, coll. Psychismes, 2010 (ISBN 978-2-10-054958-0), partie I. Libertinage, le plaisir et la joie, chap. Les libertins sont-ils des pervers ?, Enveloppe mondaine, p. 17


Les perversions morales (ou de comportement ou perversité), telles que la perversion-narcissique, le sadomasochisme moral, la mythomanie, l'imposture, le jeu pathologique, la pyromanie, la kleptomanie, la prédation morale, etc., s'expriment par des comportements de manipulation d'autrui que l'individu essaie de dominer, d'utiliser et d'avilir. Le patient est animé de malveillance : le plaisir de faire du mal. Bien qu'il se montre généralement sympathique, il est parfois impétueux, arrogant.

  • Psychanalyse du libertin, Alberto Eiguer, éd. Dunot, coll. Psychismes, 2010 (ISBN 978-2-10-054958-0), partie I. Libertinage, le plaisir et la joie, chap. Les libertins sont-ils des pervers ?, Bornes et étendue de la perversion, p. 18


La perversion sexuelle est nuisible ou délétère si elle est connotée de conduites de perversion morale sur autrui.

  • Psychanalyse du libertin, Alberto Eiguer, éd. Dunot, coll. Psychismes, 2010 (ISBN 978-2-10-054958-0), partie I. Libertinage, le plaisir et la joie, chap. Prendre l'amour comme une drogue, Remarques finales, p. 48


Ménissier observe que l'oeuvre de Spinoza réserve quelques surprises puisqu'elle propose un angle d'observation différent [...] : il étudie l'obtention d'une bonne réputation sociale par des gestes ou des actions mérités qui conduisent à une reconnaissance complémentaire par les co-citoyens.
Ménissier poursuit :
« Du point de vue de Spinoza , la gloire est une illusion à la fois structurante pour l'individu et féconde pour la société : nous imaginons qu'autrui nous considère comme grand ; nous projetons alors sur nous-mêmes une certaine grandeur que nous prêterait autrui, et à partir de là nous nous fortifions par notre imagination. L'impression de gloire résulte donc d'un travail de construction de notre propre éminence, et par conséquent d'une autoglorification. Or celle-ci ne doit pas — ou pas seulement — être comprise comme un sentiment de délectation intime : elle engendre un véritable travail de subjectivation à l'égard d'autrui, lequel fait office de relais nécessaire en vue d'une reconnaissance, certes illusoire ou hypothétique — car il n'est pas certain qu'autrui nous prête effectivement autant de crédit que nous croyons — mais qui constitue bel et bien une reconnaissance de soi par soi » (2009).
Ce ne sont pas tant les succès, les prix, les décorations qui contribuent à l'affirmation de soi, mais un travail subjectif.

  • Psychanalyse du libertin, Alberto Eiguer, éd. Dunot, coll. Psychismes, 2010 (ISBN 978-2-10-054958-0), partie I. Libertinage, le plaisir et la joie, chap. Le libertinage épousant l'histoire, Joie et liberté, p. 64


Libertinage et prédation

Force nous est de constater que lorsqu'un libertin ne cherche plus son plaisir mais vise à imposer sa suprématie, il est devenu un pervers-narcissique. Il a abandonné le terrain du libertinage. Si en plus sa stratégie s'oriente vers l'emprisonnement d'autrui, il fonctionne déjà en prédateur.

  • Psychanalyse du libertin, Alberto Eiguer, éd. Dunot, coll. Psychismes, 2010 (ISBN 978-2-10-054958-0), partie II. Libertinage et prédation, chap. Qui sont les prédateurs sexuels ?, Par où passe le danger ?, p. 116


Sont employées des techniques de disqualification [...] comme l'imposition de dilemmes insolubles ; ou plus complexes comme les contraintes paradoxales ; ou plus simplement comme le désaveu actif de la valeur et de la pertinence de la pensée et de la perception d'autrui. La jouissance perverse éclate lorsque le sujet sait sa proie trébuchante et plus tard lorsqu'il la voit défaite par la disqualification qu'elle a subie.

  • Psychanalyse du libertin, Alberto Eiguer, éd. Dunot, coll. Psychismes, 2010 (ISBN 978-2-10-054958-0), partie II. Libertinage et prédation, chap. Psychopathologie du prédateur et de sa famille, La naissance du concept de prédation morale, p. 120


[modifier] Psychologie

[modifier] Paul-Claude Racamier, Pensée perverse et décervelage, 1992

Sources et trajets

Le mouvement pervers narcissique se définit essentiellement comme une façon organisée de se défendre de toute douleur et contradiction internes et de les expulser pour les faire couver ailleurs, tout en se survalorisant, tout cela aux dépens d’autrui.

  • Pensée perverse et décervelage, 1992, Sources et trajets Définition, dans [1], paru Trait pour trait Mouvement de travail et de recherche autour de la psychanalyse, Paul-Claude Racamier.


[modifier] Gérard Pirlot/Jean-Louis Pedinielli, Les Perversions sexuelles et narcissiques, 2005

Introduction

Pour le psychopathologue, le terme « perversion » recouvre à la fois un type d'acte, une conduite sexuelle (perversion sexuelle), un caractère pathologique, un mode de relation à l'autre teinté de manipulation. Par extension, le terme « perversion » peut concerner aussi des sujets qui n'ont pas de comportements sexuels inhabituels, mais un mode de jouissance reposant sur la souffrance, l'humiliation, l'instrumentation de l'autre : registre de la perversion « morale » ou « narcissique » qui procéderait d'un noyau commun à toutes les perversions. Ce sont alors la domination et la disqualification du moi d'autrui qui sont cherchées.


[modifier] Cédric Roos, La relation d'emprise dans le soin, 2006

La relation d'emprise (cadre psychanalytique)

Le pervers narcissique n’a qu’une conscience confuse des limites entre le Moi et le non-Moi. Pour pallier à son déficit narcissique, il incorpore, par un mécanisme d’introjection caractéristique du stade anal, les qualités de l’autre ; il se construit un Soi grandiose, masquant la faiblesse du moi, en dérobant à l’autre ses qualités et en niant son existence. Pour conserver une apparence de soi acceptable, il organise un « meurtre psychique » : faire en sorte que l’autre ne soit rien. Il y a « empiètement sur le territoire psychique d’autrui » (Hirigoyen, 1998).

  • La relation d'emprise dans le soin, 2006, La relation d'emprise (cadre psychanalytique) : Du point de vue de l'instigateur d'une relation d'emprise Le pervers narcissique : conformer l'autre en un identique, dans [2], paru Textes Psy, Cédric Roos.


Modèle systémique

Les relations humaines sont ainsi décrites comme un système transactionnel dans lequel chaque individu est responsable de sa propre sécurité et doit mettre en œuvre les moyens de se préserver. S’il laisse béantes ses défenses, il s’expose à la violence d’autrui.

  • La relation d'emprise dans le soin, 2006, Modèle systémique : La violence, phénomène interactionnel, dans [3], paru Textes Psy, Cédric Roos.
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