Autoglorification
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[modifier] Alberto Eiguer, Psychanalyse du libertin, 2010
Libertinage, le plaisir et la joie
Ménissier observe que l'oeuvre de Spinoza réserve quelques surprises puisqu'elle propose un angle d'observation différent [...] : il étudie l'obtention d'une bonne réputation sociale par des gestes ou des actions mérités qui conduisent à une reconnaissance complémentaire par les co-citoyens.
Ménissier poursuit :
« Du point de vue de Spinoza, la gloire est une illusion à la fois structurante pour l'individu et féconde pour la société : nous imaginons qu'autrui nous considère comme grand ; nous projetons alors sur nous-mêmes une certaine grandeur que nous prêterait autrui, et à partir de là nous nous fortifions par notre imagination. L'impression de gloire résulte donc d'un travail de construction de notre propre éminence, et par conséquent d'une autoglorification. Or celle-ci ne doit pas — ou pas seulement — être comprise comme un sentiment de délectation intime : elle engendre un véritable travail de subjectivation à l'égard d'autrui, lequel fait office de relais nécessaire en vue d'une reconnaissance, certes illusoire ou hypothétique — car il n'est pas certain qu'autrui nous prête effectivement autant de crédit que nous croyons — mais qui constitue bel et bien une reconnaissance de soi par soi » (2009).
Ce ne sont pas tant les succès, les prix, les décorations qui contribuent à l'affirmation de soi, mais un travail subjectif.
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Psychanalyse du libertin, Alberto Eiguer, éd. Dunot, coll. Psychismes, 2010 (ISBN 978-2-10-054958-0), partie I. Libertinage, le plaisir et la joie, chap. Le libertinage épousant l'histoire, Joie et liberté, p. 64