Allusion
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[modifier] Littérature
[modifier] René Crevel, La Période des sommeils, 1932
Tant de voix sonnaient faux en dépit des sourires que mes oreilles ne voulaient plus entendre. Sur les pavés trop quotidiens, mes pieds traînaient des distances pesantes, bordées d’une ombre qui se trouvait pourtant dépourvue d’épaisseur. Tous les arbres étaient en bois de potence, et ils étaient innombrables dans la forêt de la répression, avec leur feuillage de plomb si épais que, de l’aube au crépuscule et du crépuscule à l’aube, on n’osait imaginer qu’un jour, au-delà de l’horizon et au-delà de l’habitude, brillerait un Soleil tout de soufre et d’amour. Les feuilles répétaient les inepties druidiques des chênes, l’hypocrisie méditerranéenne des oliviers, l’amertume fatale du buis, le puritanisme glacé des saules, et les allusions malsaines chuchotées par les peupliers de la Troisième République.
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« La Période des sommeils », René Crevel, This Quarter vol. 5, nº 1, Septembre 1932, p. 1
[modifier] Prose poétique
[modifier] Robert Desnos, La liberté ou l'amour !, 1927
Je t’aime et tu feins de m’ignorer. Je veux croire que tu feins de m’ignorer ou plutôt non ta mimique est pleine d’allusions. La phrase la plus banale a des sous-entendus émouvants quand c’est toi qui m’adresses la parole.
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La liberté ou l'amour ! (1927), Robert Desnos, éd. Gallimard, coll. L'Imaginaire, 1962 (ISBN 978-2-07-027695-0), V. La baie de la faim, p. 49
[modifier] Octavio Paz, Liberté sur parole, 1958
Grand monde
Dans chacun des chemins qui mènent à toi, il y a une question sans revers, une hache, une indication ambiguë dans son innocence, une coupe emplie de feu, une autre question qui n'est qu'une seule entaille, bien des viscosités luxueuses, un hallier de fallacieuses allusions entretissées.
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Liberté sur parole (1958), Octavio Paz (trad. Jean-Clarence Lambert), éd. Gallimard, coll. Poésie, 1966 (ISBN 2-07-031789-7), partie II. AIGLE OU SOLEIL ? (1949-1950), Aigle ou Soleil ? — Grand monde, p. 97
[modifier] Psychanalyse
[modifier] Alberto Eiguer, Le Pervers narcissique et son complice, 1989
Le Champ de la perversion narcissique
[Le pervers narcissique] communique par allusions, sans se compromettre. Il peut penser, par exemple, qu'un ami vient le voir pour lui emprunter de l'argent. Devant cet ami, il adopte alors une attitude intermédiaire entre la confiance et la suspicion, parlant de ses dettes à lui, de ceux qui demandent de l'argent et ne le rendent jamais, ou de la société qui va à sa décomposition, parce qu'on ne peut plus se fier à personne. Il va étaler des arguments qui font preuve d'ardeur, de connaissance, de certitude, au point d'être très convaincant. L'autre — qui n'avait aucune intention de demander de l'argent — va éventuellement se sentir mal à l'aise sans savoir exactement pourquoi. Il peut se promettre de ne jamais demander du crédit, douter de sa propre honnêteté ou se sentir déjà irrémédiablement décadent. Sans le vouloir, il rentre dans le jeu, dans la définition du désir telle que la veut le pervers narcissique.
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Le pervers narcissique et son complice, Alberto Eiguer, éd. Dunot, coll. Psychismes, 1989 (ISBN 2 10 002843 X), partie I. Le Champ de la perversion narcissique, chap. Définition et description générale, L'induction narcissique, p. 15