Île
Une île est une masse de terre entourée d'eau de manière permanente ou parfois de manière temporaire en fonction des marées. L'eau baignant les îles peut être celle d'un océan, d'une mer, d'un lac ou d'un cours d'eau. Les îles peuvent être temporaires (banc de sable, etc.) ou permanentes, isolées ou groupées avec d'autres îles et peuvent alors former un archipel. Une petite île est parfois désignée sous les termes d'îlet ou d'îlot.
Sommaire |
[modifier] Littérature
[modifier] Nouvelle
[modifier] Gérard de Nerval, Les Filles du feu, 1834
Sylvie
Voici les peuplier de l'île, et la tombe de Rousseau, vide de ses cendres. Ô sage ! tu nous avais donné le lait des forts, et nous étions trop faibles pour qu'il pût nous profiter. Nous avons oublié tes leçons que savaient nos pères, et nous avons perdu le sens de ta parole, dernier écho des sagesses antiques. Pourtant ne désespérons pas, et comme tu fis à ton suprême instant, tournons nos yeux vers le soleil !
-
Les Filles du feu (1834), Gérard de Nerval, éd. Maxi-Livres, coll. Maxi-Poche Classiques Français, 1997 (ISBN 2-8771-4348-1), partie Sylvie — Souvenir du valois, IX. Ermenonville, p. 131
Octavie
C'est à Marseille que je m'arrêtai d'abord. Tous les matins, j'allais prendre les bains de mer au Château-Vert, et j'apercevais de loin en nageant les îles riantes du golfe. Tous les jours aussi, je me rencontrais dans la baie azurée avec une jeune fille anglaise, dont le corps délié fendait l'eau verte auprès de moi. Cette fille des eaux, qui se nommait Octavie, vint un jour à moi toute glorieuse d'une pêche étrange qu'elle avait faite. Elle tenait dans ses blanches mains un poisson qu'elle me donna.
-
Les Filles du feu (1834), Gérard de Nerval, éd. Maxi-Livres, coll. Maxi-Poche Classiques Français, 1997 (ISBN 2-8771-4348-1), partie Octavie, p. 182
[modifier] Prose poétique
[modifier] Robert Desnos, Deuil pour deuil, 1924
Des coups de queue [...] transforment la calme surface où rêvaient des îles à Gauguin et les femmes, étoiles de rêve penchées sur leur propre image, au hublot, oeil rouge de paquebot, se demandent quelle passion prodigieuse agite soudain ces ventres blancs d'argent, ces redoutables mâchoires quadruples au palais rouge tendre et ces échines d'une couleur rappelant de pacifiques canapés dans des fumoirs mondains sans se douter que le bâtiment spécialement construit pour leur croisière lointaine a seul réveillé ces monstres aquatiques, sonné à leurs nageoires un désir de voyage et doté leur structure robuste d'une agilité nouvelle pour aller vers des côtes tempérées, glaciales ou tropicales chercher un nouveau butin, quitte à se contenter de l'hécatombe sans honneur de milliers de crevettes rouges dans une eau peu profonde.
-
La liberté ou l'amour ! suivi de Deuil pour deuil (1924), Robert Desnos, éd. Gallimard, 1962 (ISBN 978-2-07-027695-0), p. 129
[modifier] Roman
[modifier] Gabriele D'Annunzio, Le Feu, 1900
— Connaissez-vous, Perdita, — reprit Stelio en regardant avec un plaisir ingénu les figues violettes et les blonds raisins, accumulés non sans harmonie depuis la poupe jusqu’à la proue, — connaissez-vous une particularité gracieuse de la chronique des Doges ? La Dogaresse, pour les frais de ses vêtements solennels, jouissait de certains privilèges sur l’impôt des fruits. Ce détail ne vous réjouit-il pas ? Les fruits des Iles l’habillaient d’or et la couronnaient de perles. Pomone payant tribut à Arachné : voilà une allégorie que le Véronèse pouvait peindre à la voûte du Vestiaire. Pour moi, quand je me figure la noble dame dressée sur ses hautes socques gemmées, je suis heureux de penser qu’elle porte quelque chose d’agreste et de frais dans les plis de son lourd brocart : le tribut des fruits ! Quelles saveurs acquiert ainsi son opulence ! Eh bien, mon amie, figurez-vous que ces raisins et ces figues du nouvel Automne acquittent le prix de la robe d’or où est enveloppée la Saison morte.
-
Le Feu, Gabriele D'Annunzio, éd. La Revue de Paris, 1900, chap. I. L'épiphanie du feu, p. 6
[modifier] Guillaume Apollinaire, Alcools
Je ne veux jamais l’oublier ma colombe ma blanche rade O marguerite exfoliée Mon île au loin ma Désirade.
-
Alcools, Guillaume Apollinaire, éd. Mercure de France, 1913, p. 2 (texte intégral sur Wikisource)
[modifier] François-René de Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe
Celui qui voit Belle-Isle, voit son île ; celui qui voit Groix, voit sa joie ; celui qui voit Ouessant, voit son sang.
-
Mémoires d’outre-tombe, Chateaubriand, éd. Hachette, 1848, p. 2 (texte intégral sur Wikisource)
[modifier] Michel Houellebecq, La Possibilité d’une île
Et l'amour, où tout est facile,
Où tout est donné dans l'instant ;
Il existe au milieu du temps
La possibilité d'une île.
-
La Possibilité d'une île (2005), Michel Houellebecq, éd. Le Livre de Poche, 2007 (ISBN 978-2-253-11552-6), p. 424
[modifier] Marcel Pagnol, Fanny
Si vous voulez aller sur la mer, sans aucun risque de chavirer, alors, n’achetez pas un bateau : achetez une île.
-
Fanny, Marcel Pagnol, éd. Fasquelle, 1932, p. 215 p
[modifier] Île déserte
Il y avait une immense coupe bleue qui était le ciel. Avec une lenteur mortelle, un soleil brûlant la traversait, et déversait une lumière pour éblouir et aveugler les yeux de l’homme, et une chaleur pour griller les cerveaux à l’intérieur du crâne. A intervalles réguliers, la coupe bleue devenait noire, se tachetait d’étoiles, assemblées par paires comme des yeux de serpent – hostiles, froids et méchamment amusés – qui, toute la nuit, surveillaient l’homme récupérant des forces pour affronter les supplices du jour prochain. Il y avait une mer d’un bleu infini qui se gonflait et se creusait et qui reflétait alternativement la coupe bleue et la monstrueuse prolifération des étoiles couplées comme des yeux. Et il y avait l’île, qui n’avait pas plus de cinquante yards de large sur quinze de long.
-
« L’enjeu » (The Side Bet, 1937), Will F. Jenkins (trad. Odette Ferry), dans Histoires à ne pas lire la nuit (1995), éd. Le Livre de Poche, coll. Hitchcock présente, p. 313
Autres projets: