Éducation

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The LessonE. Phillips Fox (1912)

L'Éducation est l'ensemble des moyens permettant le développement des facultés physiques, morales et intellectuelles d'un être raisonnable. Par extension, l'éducation humaine désigne également les moyens mis en place pour permettre ces apprentissages.

Cicéron, Traité des devoirs, 44 av. J.C.[modifier]

On ne doit jamais ajouter l'injure au châtiment. […] La colère surtout ne doit jamais accompagner le châtiment

  • Traité des devoirs (44 av. J.C.), Cicéron (trad. Gallon La-Bastide), éd. Victor Lecou, 1850, p. 78


Il est permis d'avoir recours à quelque douce réprimande, en y joignant toutefois l'air grave qui doit accompagner la sévérité, et qui éloigne l'outrage du mépris. Il faut même faire voir que tout ce qu'il y a d'amer dans le reproche, n'y a été mis que pour l'avantage de celui qui le reçoit.

  • Traité des devoirs (44 av. J.C.), Cicéron (trad. Gallon La-Bastide), éd. Victor Lecou, 1850, p. 113


Plutarque, Sur l'éducation des enfants[modifier]

Il faut amener les enfants à la pratique du bien par des exhortations, des paroles, et non pas, grands dieux ! par des coups et des mauvais traitements.

  • « Sur l'éducation des enfants », dans Œuvres complètes — œuvres morales, Plutarque (trad. Victor Bétolaud), éd. Hachette, 1870, t. premier, p. 18 (texte intégral sur Wikisource)


Jean-Jacques Rousseau, Émile, 1762[modifier]

On se fait une grande affaire de chercher les meilleures méthodes d'apprendre à lire [...]. Un moyen plus sûr que tous ceux-là, et qu'on oublie toujours, est le désir d'apprendre. Donnez à l'enfant ce désir [...] ; toute méthode lui sera bonne.


Condorcet, Sur l'instruction publique, 1791-1792[modifier]

Le but de l'instruction n'est pas de faire admirer aux hommes une législation toute faite, mais de les rendre capables de l'apprécier et de la corriger. Il ne s'agit pas de soumettre chaque génération aux opinions comme à la volonté de celle qui la précède, mais de les éclairer de plus en plus, afin que chacun devienne de plus en plus digne de se gouverner par sa propre raison.

  • « Sur l'instruction publique » (1791-1792), dans Œuvres, Condorcet, éd. Firmin-Didot, 1847, t. 7, Second mémoire (« De l'instruction commune pour les enfants »), p. 212 (voir la fiche de référence de l'œuvre)


Danton, Discours à l'Assemblée, 1793[modifier]

La Chose la plus importante après le pain, c'est l'éducation.

  • Discours à l'Assemblée, 13 août 1793 (rapporté dans Le Moniteur du 15 août 1793)
  • Danton : documents authentiques pour servir à l'histoire de la révolution, Alfred Bougeart, éd. Lacroix, 1861, chap. VII, p. 270


Joseph Joubert, Pensées, 1850[modifier]

Les enfants ont plus besoin de modèles que de critiques.


Un bon approbateur est aussi nécessaire qu’un bon correcteur.


Le mot sage dit à un enfant, est un mot qu’il comprend toujours, et qu’on ne lui explique jamais.


Le soin du corps et l’apprentissage des arts, la négligence de l’esprit et l’ignorance des devoirs, sont les caractères de l’éducation nouvelle.


Il faut donner pour exemples, aux enfants, des phrases où l’accord entre l’adjectif et le substantif soit non-seulement grammatical, mais moral. L’épithète est un jugement, et le plus insinuant de tous, car il se glisse avec le mot ; et si rien n’est plus important que les idées saines, rien n’est plus important aussi que cet accord. Je dirai donc à nos faiseurs de thèmes  : joignez toujours aux substantifs des adjectifs qui expriment l’idée et le sentiment qu’il faut avoir de chaque chose ; mettez tout à sa place dans l’esprit, en laissant tout à sa place dans le monde.


Il faut apprendre aux enfants le terme propre, et leur laisser trouver le terme figuré.


La préférence exclusive qu’on accorde aux mathématiques, dans l’éducation, a de grands inconvénients. Les mathématiques rendent l’esprit juste en mathématiques, tandis que les lettres le rendent juste en morale. Les mathématiques apprennent à faire des ponts, tandis que la morale apprend à vivre.


La manie de classifier peut être bonne à l’endoctrinement, mais elle est inutile à la science. Elle aide l’élève à répondre, et le docteur à enseigner ; mais elle n’apprend ni à l’un ni à l’autre à connaître. Elle est toute pédagogique, et rien au delà.


Gracchus Babeuf[modifier]

L'éducation est une monstruosité lorsqu'elle est inégale, lorsqu'elle est le patrimoine exclusif d'une portion de l'association; puisqu'alors elle devient la main de cette portion, un amas de machines, une provisions d'armes de toutes sortes, à l'aide desquelles cette première portion combat l'autre qui est désarmé.

  • Manifeste des Plébéiens
  • in Gracchus Babeuf avec les Egaux, Jean-Marc Shiappa, éd. Les éditions ouvrières, 1991 (ISBN 27082 2892-7), p. 49


Nul ne peut par l'accumulation de tous les moyens priver l'autre de l'instruction nécessaire pour son bonheur; l'instruction doit-être commune.

  • Manifeste des Plébéien
  • in Gracchus Babeuf avec les Egaux, Jean-Marc Shiappa, éd. Les éditions ouvrières, 1991 (ISBN 27082 2892-7), p. 49


Victor Hugo. Les Contemplations, 1858[modifier]

            l'enfant ne sera plus
Une bête de somme attelée à Virgile ;
Et l'on ne verra plus ce vif esprit agile
Devenir, sous le fouet d'un cuistre ou d'un abbé,
Le lourd cheval poussif du pensum embourbé.
Chaque village aura, dans un temple rustique,
Dans la lumière, au lieu du ma gis ter antique,
Trop noir pour que jamais le jour y pénétrât,
L'instituteur lucide et grave, magistrat
Du progrès, médecin de l'ignorance, et prêtre
De l'idée; et dans l'ombre on verra disparaître
L'éternel écolier et l'éternel pédant.

  • Les Contemplations, Victor Hugo, éd. Hachette, 1858, t. 1, p. 64-65


Alain, Propos sur l'éducation, 1948[modifier]

Et enfin il n'y a de progrès, pour nul écolier au monde, ni en ce qu'il entend ni en ce qu'il voit, mais seulement en ce qu'il fait.

  • Propos sur l'éducation, Alain, éd. PUF, 1948, II, p. 16


Si le maître se tait, et si les enfants lisent, tout va bien.

  • Propos sur l'éducation, Alain, éd. PUF, 1948, XXV, p. 47


Otto Strasser[modifier]

La discipline n'est qu'un instrument pour conduire une communauté dans une direction, pas pour l'éduquer dans une voie unique.

  • « Otto Strasser et le front noir », Otto Strasser, cité par Frédéric Kisters, Devenir (revue) (ISSN 1376-0262), nº 21, été 2002, p. 6


Bella Dodd, School of Darkness, 1954[modifier]

Mais le temps est venu de demander : "Quelle sorte d'éducation ?" "éducation pour quoi?" Une chose est devenue claire pour moi : une éducation complète inclu un entrainement de la volonté autant que mental ; et une accumulation d'informations, sans une philosophie, n'est pas de l'éducation.

  • (en) But the time has come to ask : “What kind of education ?” “Education for what ?” One thing has become transparently clear to me : rounded education includes training of the will as much as training of the mind; and mere accumulation of information, without a sound philosophy, is not education.
  • School of Darkness, Bella Dodd, éd. édition électronique, 1954, p. 137


Leonid S. Sukhorukov, All About Everything, 2005[modifier]

Peu importe combien de temps on enseigne à un idiot, il saura toujours tout.

  • All About Everything, Leonid S. Sukhorukov, éd. Susanna Page, 2005, 7, p. 128


L’éducation est l’échange scientifique de l’ignorance.

  • All About Everything, Leonid S. Sukhorukov, éd. Susanna Page, 2005, 7, p. 124


Lorsque vous enseignez à un homme, vous enseignez à une personne. Lorsque vous enseignez à une femme, vous apprenez une leçon.

  • All About Everything, Leonid S. Sukhorukov, éd. Susanna Page, 2005, 5, p. 88


Daniel Pennac, Chagrin d'école, 2007[modifier]

Nos «mauvais élèves» (élèves réputés sans devenir) ne viennent jamais seuls à l'école. C'est un oignon qui entre dans la classe : quelques couches de chagrin, de peur, d'inquiétude, de rancœur, de colère, d'envies inassouvies, de renoncement furieux, de présent menaçant, de futur condamné. Regardez, les voilà qui arrivent, leur corps en devenir et leur famille dans leur sac à dos. Le cours ne peut vraiment commencer qu'une fois le fardeau posé à terre et l'oignon épluché.

  • Chagrin d'école, Daniel Pennac, éd. Gallimard, 2007, partie 2 (« Devenir »), chap. 10, p. 70


Romain Graziani, Confucius, les voies de la sagesse, 2009[modifier]

L'école qu'il fonde est moins un lieu de formation pour faire carrière qu'un milieu autarcique où chacun peut s'épanouir entre soi, entre amis habités par les mêmes aspirations éthiques et esthétiques. Confucius semble même tout faire pour retenir indéfiniment ses disciples, retardant toujours le moment où ils quitteront pour de bon sa compagnie afin de se lancer dans la carrière publique.
Il fait régner une atmosphère d'amitié studieuse en faisant toujours prévaloir la présence d'esprit sur l'étalage des connaissances. Il désinstrumentalise le processus d'éducation des jeunes nobles impatients d'obtenir une charge, pour en faire un exercice infini de perfectionnement de soi. Les taoïstes une fois encore donneront une riche résonance à cette idée de l'amitié affranchie des considérations d'intérêt, de hiérarchie et de réseaux sociaux, s'ébattant à loisir à l'écart du monde officiel.

  • Cette citation provient d'un dossier concernant Confucius coordonné par Minh Tran Huy
  • « Confucius, les voies de la sagesse », Romain Graziani, Le Magazine Littéraire, nº 491, Novembre 2009, p. 78


Mel Gibson, Lors d'un entretien, 2010[modifier]

[...] les parents qui ne font jamais d'erreur avec leurs enfants sont ceux qui n'en ont pas. Ce qu'il y a d'intéressant quand vous en avez plusieurs, c'est que vous vous faites la main sur le premier, vous améliorez vos connaissances et aptitudes ensuite au fur et à mesure des naissances, pour finir par gâter à mort le petit dernier. Et ainsi la boucle de l'incompétence est bouclée.

  • « "Je suis plus riche que ceux qui me détestent" », Mel Gibson, propos recueillis par Laurent Nicolet, Migros Magazine, nº 10, 8 mars 2010, p. 31


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