Écume

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Sommaire

[modifier] Littérature

[modifier] Écrit intime

[modifier] Paul Klee, Journal, 1957

La tempête forme des cuisses puissantes dans le valonnement de la vague et dans la nuque du chêne. On croirait à un combat entre la branche et l'écume. Ce n'est pourtant que jeu. La divinité y assiste et préserve les limites. Dans un sens analogue j'ai contemplé un orage accompagné de grêle. 27 juillet 1901.


[modifier] Nouvelle

[modifier] Renée Vivien, La Dame à la Louve, 1904

Blanche comme l'Ecume

Elle ne craignait point la Mort aux yeux chastes, aux mains graves, elle ne craignait que l’Amour qui ravage l’esprit et la chair. Blanche comme l’écume sur le gris des rochers, elle songeait que les Dieux cléments, en la livrant virginale à la Mort virginale, lui épargnaient les rancœurs et les souillures de l’implacable Érôs.

  • La Dame à la Louve, Renée Vivien, éd. Alphonse Lemaire, 1904, Blanche comme l'Ecume, p. 206


[modifier] Poésie

[modifier] Joyce Mansour, Le Désir du désir sans fin, 1963

Il m'est difficile de penser à la mort
Quand sur mon ventre hésitent de grands oiseaux
Aux pâles retards de sperme
Et habiletés d'écume.

  • « Le désir du désir sans fin », Joyce Mansour, La Brèche, nº 5, Octobre 1963, p. 4


[modifier] Prose poétique

[modifier] Octavio Paz, Liberté sur parole, 1958

Travaux du poète

Une pirogue avec un homme armé d'une lance appareille de mon front. L'embarcation légère et fragile coupe rapide les vagues noires, la houle de sang noir de mes tempes. Elle s'éloigne vers l'intérieur. Le chasseur-pêcheur scrute la masse sombre et nuageuse de l'horizon ; il plonge des yeux sagaces dans l'écume rancunière, s'aiguise l'ouïe, flaire.

  • Liberté sur parole (1958), Octavio Paz (trad. Jean-Clarence Lambert), éd. Gallimard, coll. Poésie, 1966 (ISBN 2-07-031789-7), partie II. AIGLE OU SOLEIL ? (1949-1950), Travaux du poète — X, p. 56


Couche de fougères

Mes yeux te tiennent suspendue comme la lune la marée embrasée. A tes pieds l'écume égorgée chante le chant de la nuit qui commence.

  • Liberté sur parole (1958), Octavio Paz (trad. Jean-Clarence Lambert), éd. Gallimard, coll. Poésie, 1966 (ISBN 2-07-031789-7), partie II. AIGLE OU SOLEIL ? (1949-1950), Aigle ou Soleil ? — Couche de fougères, p. 108


[modifier] Joyce Mansour, Dolman le maléfique, 1961

Cent fois par jour il relança sa mouche en l'air, comme il savait faire, en quête d'une idée de distractions nouvelles mais sans résultat, jusqu'au jour où son oeil droit vit briller le reflet de la mer dans l'azur. Le réveil du désir fut immédiat. Il aspira à être vague, poisson, eau. Il voulut être dune, écume, algue. À dos d'homme par-dessus les montagnes et les plaines, les villageois le transportèrent jusqu'à la plage lointaine. Ils arrivèrent au but très amoindris après un mois de marche forcée. Sans perdre son temps en remerciements, Dolman immergea son cerveau hagard dans les flots. Selon son voeu il devint mer, algue, poisson ; il noya son spleen dans la gelée mouvementée et dès lors paressa sous la lune tel une baleine, lavé de toute nostalgie terrestre.
Cette époque heureuse ne dura guère.

  • « Dolman le maléfique », Joyce Mansour, La Brèche, nº 1, Octobre 1961, p. 50


[modifier] Roman

[modifier] James Joyce, Ulysse, 1922

Le dauphin neigeux secoua sa crinière, et, montant vers la poupe dorée, le nautonier déploya la voile gonflée, allant au vent toutes voiles dehors, armures à bâbord. Une multitude de nymphes charmantes s'approchèrent de bâbord et de tribord et s'attachant aux flancs de la noble nef elles entrelacèrent leurs corps éclatants ainsi que fait le charron habile quand il accommode au coeur de sa roue les rayons équidistants dont chacun est frère de l'autre et qu'il les relie tous par un cercle, gratifiant ainsi de vitesse les pieds des hommes, soit qu'ils courent au combat soit qu'ils s'efforcent de conquérir le sourire de la beauté. Ainsi les vit-on accourir et se placer, ces nymphes aimables, ces soeurs immortelles. Et elles riaient, s'ébattant dans leur cirque écumeux : et le navire fendait les flots.


[modifier] André Breton, L'Amour fou, 1937

De ce paysage passionné qui se retirera un jour prochain avec la mer, si je ne dois enlever que toi aux fantasmagories de l'écume verte, je saurai recréer cette musique sur nos pas. Ces pas bordent à l'infini le pré qu'il nous faut traverser pour revenir, le pré magique qui cerne l'empire du figuier. Je ne découvre en moi d'autre trésor que la clé qui m'ouvre ce pré sans limites depuis que je te connais, ce pré fait de la répétition d'une seule plante toujours plus haute, dont le balancier d'amplitude toujours plus grande me conduira jusqu'à la mort. La mort, d'où l'horloge à fleurs des campagnes, belle comme ma pierre tombale dressée, se remettra en marche sur la pointe des pieds pour chanter les heures qui ne passent pas. Car une femme et un homme qui, jusqu'à la fin des temps, doivent être toi et moi, glisseront à leur tour sans se retourner jamais jusqu'à perte de sentier, dans la lueur oblique, aux confins de la vie et de l'oubli de la vie, dans l'herbe fine qui court devant nous à l'arborescence. Elle est, cette herbe dentelée, faite des mille liens invisibles, intranchables, qui se sont trouvés unir ton système nerveux au mien dans la nuit profonde de la connaissance.


[modifier] André Pieyre de Mandiargues, La Marge, 1967

Elle s'est tournée vers lui, il se tourne également et, contact pris, il se laisse glisser dans le courant de lumière rose que dispense la ridicule coupe au-dessus de leurs pieds suspendue. Sa pensée, qui va sans contrôle, échafaude une échelle à saumons, par où de brillants grands poissons franchissent un écumeux barrage. Mille gouttelettes, que le plaisir diapre, déploient un arc-en-ciel ; qui retombe.

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