Écorce

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Sommaire

[modifier] Littérature

[modifier] Écrit intime

[modifier] Anaïs Nin, Henry et June — Les cahiers secrets, 1986

Août (1932)

Si je ne faisais rien de bon, je méritais d'être pendue ; ce travail était nourri du journal de toute une vie, un véritable presse-citron, qui sait rejeter les pépins et l'écorce.


[modifier] Prose poétique

[modifier] Renée Vivien, Brumes de fjords, 1902

Légende de saule

Les premiers souffles du printemps s’attiédissaient.
Les forêts étaient lourdes de la vie intarissable des plantes et du rut des animaux.
Les Nymphes violées s’évanouissaient de leurs amoureuses blessures et les Hamadryades elles-mêmes, dans leurs temples d’écorce et de feuillages, n’étaient plus à l’abri de l’attaque des Faunes.

  • Brumes de fjords, Renée Vivien, éd. Alphonse Lemerre, 1902, Légende du saule, p. 103


[modifier] René Char, Fureur et mystère, 1948

Feuillets d'Hypnos

La contre-terreur c'est ce vallon que peu à peu le brouillard comble, c'est le fugace bruissement des feuilles comme un essaim de fusées engourdies, c'est cette pesanteur bien répartie, c'est cette circulation ouatée d'animaux et d'insectes tirant mille traits sur l'écorce tendre de la nuit, c'est cette graine de luzerne sur la fossette d'un visage caressé, c'est cet incendie de la lune qui ne sera jamais un incendie, c'est un lendemain minuscule dont les intentions nous sont inconnues, c'est un buste aux couleurs vives qui s'est plié en souriant, c'est l'ombre, à quelques pas, d'un bref compagnon accroupi qui pense que le cuir de sa ceinture va céder... Qu'importent alors l'heure et le lieu où le diable nous a fixé rendez-vous !

  • Fureur et mystère (1948), René Char, éd. Gallimard, coll. Poésie, 1962 (ISBN 2-07-030065-X), partie FEUILLETS D'HYPNOS (1943-1944), p. 123


[modifier] Roman

[modifier] Renée Dunan, La Culotte en jersey de soi, 1923

Le parc s'étendait vaste et muet au-delà d'une pelouse herbue nuancée d'absinthe. Au loin, les arbres avaient de la majesté et les troncs revêtaient cette couleur charnue que donne le soleil couchant aux écorces neuves. Au-dessus des corps sveltes ou robustes, assouplis aux dossiers et aux accoudoirs, le feuillage clair répandait une tiédeur acide. On voyait le zénith semblable à une aigue-marine.


[modifier] André Breton, L'Amour fou, 1937

Allons ! C'est seulement dans les contes qu'il est impossible au doute de s'insinuer, qu'il n'est pas question de glisser sur une écorce de fruit.

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